lundi 8 juin 2020

La mémoire indélébile de la guerre civile pour les enfants syriens

Amputé à un jeune âge, Abdurrahman ne peut pas effacer ces moments douloureux de sa mémoire.


Les enfants syriens, blessés dans les attentats du régime de Bachar Al-Assad à Idleb, paient un lourd tribut et grandissent sans avoir aucune idée de leur avenir, portant les traces indélébiles de la guerre.

À l'occasion de la "Journée internationale des enfants, innocentes victimes de conflits" marquée le 4 juin de chaque année pour souligner l'attachement aux droits des enfants, l'Organisation des Nations Unies (ONU) a rappelé que les enfants paient le prix de la guerre civile en Syrie.

En effet, des dizaines de milliers d'enfants ont perdu la vie en raison des attaques du Régime d'Assad et de ses alliés, tandis que beaucoup ont été blessés ou handicapés.

Des journalistes de l'Agence Anadolu (AA) ont rendu visite aux enfants syriens et à leurs familles qui se sont réfugiées dans les camps frontaliers de la Turquie, après avoir fui les bombardements du régime d'Assad et de ses alliés, notamment de la Russie, dans la région d'Idlib en Syrie.

- "Ça me manque de jouer à des jeux avec mes amis"



Abdurrahman Davut, 8 ans, venant d'Idleb a perdu son père dans une attaque aérienne menée par le Régime il y a 5 ans, tandis qu'un morceau d'obus s'était logé dans le bras gauche de l'enfant.

Amputé à un jeune âge, Abdurrahman ne peut pas effacer ces moments douloureux de sa mémoire.

"J'ai 8 ans, je viens de Jéricho. Mon père, que j'ai perdu dans l'attaque d'avion, est toujours dans mon esprit. Ça me manque de retourner dans mon village et de jouer avec mes amis à mon école, comme auparavant. Nous sommes maintenant déplacés", confie l'enfant.

- "Mon fils souffre"

Oum Muhammad, la mère d'Abdurrahman et de ses 3 frères et sœurs, relate que son mari tué dans l'attaque mené par un avion du Régime, et son fils amputé du bras suite à cette attaque, travaillaient alors dans la boutique touchée par les raids. Muhammad confie que son fils et elle-même ressentent encore l'indescriptible désespoir vécu après l'événement, et que le traumatisme qu'il a causé ne s'est pas effacé.

Déclarant qu'ils avaient migré de Jéricho, 4 mois avant l'attaque meurtrière du Régime, OUm Muhammad a ainsi décrit les difficultés vécus par son fils Abdurrahman :



"Mon fils souffre. Quand il tombe partout, mon cœur brûle. C'était donc son destin. Ce garçon s'est retrouvé sans père quand il avait 2 ans et demi. Quelle était sa faute ? Mon fils se plaint à moi en disant, « Maman, les enfants m'appellent 'un bras', quand je marche sur la route", explique Oum.

- "Ils ont assombri l'avenir de ma fille"

Une autre victime de la guerre a été Intisar, une fillette de 7 ans dont le visage et le corps ont été brûlés lors de l'attaque aérienne du Régime contre le village de Rif es-Charki dans la province d'Idleb, il y a 4 ans.

Ayant rencontré l'amère réalité de la guerre alors qu'elle n'avait que 3 ans, la petite Intisar et sa famille se sont d'abord réfugiées dans un camp de réfugiés, constitué de tentes dans le village de Hazzano, près du district de Serakib, à proximité de la frontière turco-syrienne.

"Ma fille a des marques de brûlures sur le visage et sur différentes parties du corps. Elle a l'impression de ne jamais avoir vécu à cause des brûlures sur son visage. Quel est le crime de cette fille ? Que quelqu'un me dise son crime ?, demande Oum Ayoub, la mère de la petite fille.

Déclarant que sa fille est bouleversée par les brûlures sur son visage, la mère relate la grande tristesse de sa fille lorsqu'elle joue avec ses amis.

"Qu'Allah ne les bénisse pas (le Régime). Ils ont assombri l'avenir de ma fille. J'espère que ma fille retrouvera son ancienne santé", conclut la mère d'Intisar.

AA

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