samedi 13 juin 2020

[Infographie] Les 9 initiatives de paix rejetées par Haftar en Libye

- À la tête des forces armées illégitimes de l'est de la Libye, Haftar a fait capoter de nombreuses initiatives internationales qui ont commencé avec l'"Accord politique libyen" en décembre 2015 pour trouver une solution à la crise dans le pays

Mustapha Dalaa,Muhammed Semiz,Halime Afra Aksoy,Tuncay Çakmak

AA - Ankara

Le général putschiste, Khalifa Haftar, qui souhaite l'arrêt des hostilités et une solution politique après des défaites successives contre l'armée libyenne légitime, avait auparavant rejeté de nombreuses tentatives internationales pour initier un cessez-le feu permanent et un processus politique dans le pays, sapant ainsi toutes les négociations.

À la tête des forces armées illégitimes de l'est de la Libye, Haftar a fait capoter de nombreuses initiatives internationales qui ont commencé avec l'"Accord politique libyen" en décembre 2015 pour trouver une solution à la crise dans le pays, et a poursuivi ses attaques en ignorant les accords de cessez-le-feu.

Cependant, après la déconvenue récemment subite contre les forces armées du gouvernement légitime libyen, en particulier dans les régions occidentales, il s'est immédiatement tourné vers la recherche d'un cessez-le-feu et d'une solution politique.

Dans ce contexte, Haftar et ses alliés se sont réunis au Caire, capitale de l'Égypte, le 6 juin. Après la réunion, le président égyptien Abdelfattah al-Sissi, Haftar et son allié politique de la Chambre des représentants de Tobrouk, Akile Salih, ont annoncé une initiative appelée "Déclaration du Caire" lors d’une conférence de presse conjointe.

Après avoir ignoré tous les efforts diplomatiques pour une solution politique dans le pays pendant une longue période, Haftar a annoncé qu'il avait lancé une nouvelle initiative politique pour la Libye avec la Déclaration du Caire et a appelé à un cessez-le-feu dans tout le pays à compter du 8 juin.

Pourtant, jusqu’à présent, Haftar a toujours ignoré les appels au cessez-le-feu lancés dans de nombreuses initiatives, telles que le cessez-le-feu précédemment prévu le 12 janvier, lors de la conférence sur la Libye à Berlin le 19 janvier, ou encore lors de la Conférence de dialogue national (Ghadamès) sous les auspices des Nations Unies (ONU).

- Le 17 décembre 2015, "Accord politique sur la Libye"



Avec l'Accord politique libyen sous l'initiative onusienne à Skhirat au Maroc le 17 décembre 2015, la Chambre des représentants à Tobrouk et la Maison du Congrès général national à Tripoli, le gouvernement de consensus national (GAN) ont accepté de créer le Conseil présidentiel.

Fayez al-Sarraj a été nommé président du Conseil présidentiel du GAN.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a reconnu le GAN comme le seul représentant légitime de la Libye par la résolution n° 2259.

Avec l'accord politique libyen, le Conseil présidentiel du GAN a acquis une légitimité internationale.

Haftar s'est opposé à l'accord, le GAN ayant le pouvoir de se révoquer. Les listes gouvernementales soumises par le Conseil présidentiel du GAN n'ont pas été approuvées par la Chambre des représentants de Tobrouk en raison des pressions effectuées par Haftar.

Haftar a fait pression sur les membres du Conseil pour qu'ils rendent le Conseil présidentiel du GAN inopérant, provoquant le retrait de 4 des 9 membres. Malgré tous les efforts de Haftar, la légitimité internationale du GAN s'est poursuivie.

- Le 25 juillet 2017, Réunion dans la banlieue de Paris



Accueilli par le président français Emmanuel Macron, l'un des plus importants partisans de Haftar, le Premier ministre libyen al-Sarraj et Haftar se sont rencontrés à La Celle Saint-Cloud, dans la banlieue de Paris, le 25 juillet 2017.

Les parties ont convenu d’un cessez-le-feu, de relancer l'accord politique libyen et d’organiser des élections au printemps 2018.

- Le 29 mai 2018, Conférence de Paris



La décision "de tenir des élections au printemps 2018", approuvée par les parties lors de la réunion de banlieue de Paris, n'a pas pu être mise en œuvre. Les parties se sont à nouveau réunies à Paris, accueillies par le président français Macron.

La Turquie, l'Algérie, le Qatar et la Tunisie ainsi que l'Égypte, les Émirats arabes unis (EAU), l'Arabie saoudite et le Koweït ont également envoyé des représentants à la conférence, à laquelle ont assisté des représentants de 20 États.

Lors de la conférence, les parties ont décidé de jeter les bases constitutionnelles des élections, de préparer les lois électorales nécessaires jusqu'au 16 septembre 2018 et de tenir les élections présidentielles et législatives le 10 décembre 2018.

Cependant, les efforts des députés partisans de Haftar pour saper le processus constitutionnel, ont empêché la mise en pratique les décisions prises.

- Les 12-13 novembre 2018, la Conférence de Palerme



Organisé par le Premier ministre italien Giuseppe Conte, Haftar et Sarraj réunis à Palerme, en Italie, sur l'île de la Sicile.

38 pays, dont la Turquie, l'Égypte, la Russie, les États-Unis et l'Algérie, ont envoyé des délégations à la conférence.

Des élections ont été décidées pour le printemps 2019.

- Le 27 février 2019, la Réunion d'Abu Dhabi



Le représentant spécial de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, Haftar et Sarraj, ont tenu une réunion à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, principal soutien de Haftar dans le domaine diplomatique, politique, militaire et financier.

Aucun accord n'a été signé lors de la réunion, mais le représentant spécial de l'ONU en Libye a annoncé que les parties avaient convenu de tenir des élections générales en mettant fin à la période de transition en Libye sans annoncer de date.



- 14 avril 2019 Conférence Ghadamès



Dans le cadre de la feuille de route internationale de la Représentation spéciale des Nations Unies en Libye pour résoudre le conflit, une "Conférence de dialogue national" était prévue le 14 avril 2019 à Ghadamès en Libye, avec la participation de tous les acteurs du pays.

L'ONU a longtemps préparé cette initiative, qui devrait être menée auprès des Libyens sur le territoire du pays. Cependant, après les visites aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, quelques jours avant la conférence, Haftar a ordonné d'attaquer la capitale Tripoli le 4 avril 2019 et a poussé le pays dans une nouvelle spirale de violence.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui s'est rendu à Tripoli pour la conférence de dialogue national au cours de cette période, est entré dans la capitale le 4 avril sous les bombardements de Haftar.

Le fait que cette attaque de Haftar ait eu lieu à un moment où tous les acteurs du pays attendaient le dialogue dans un cessez-le-feu a provoqué la colère et la surprise du gouvernement de Tripoli.



- 13 janvier 2020 à Moscou



Le 12 janvier, la Turquie et la Russie ont appelé à un cessez-le-feu qui est entré en vigueur. Le lendemain, à Moscou, les délégations turque et russe ont tenu des réunions distinctes avec les différentes parties en Libye.

La délégation turque a rédigé le texte de l'accord avec al-Sarraj et le président du Conseil suprême de l'État libyen, Khalid al-Mishri. La délégation russe a tenté de convaincre Akile Salih, président de la Chambre des représentants de Tobrouk, et Haftar de signer le texte.

Malgré cela, Haftar n'a pas signé le texte de l'accord convenu à la suite de longs efforts et a demandé du temps jusqu'au lendemain matin. Mais Haftar a quitté la table des négociations à Moscou, surprenant ses interlocuteurs russes quittant la Russie à minuit.

19 janvier 2020 Conférence de Berlin

La conférence sur la Libye, qui s'est tenue à Berlin, se distingue comme l'une des initiatives internationales importantes menées pour instaurer un cessez-le-feu permanent et un processus politique dans le pays.

Les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et la Chine (+ l’Allemagne), ainsi que la Turquie, l'Italie, l'Algérie, l'Égypte, les Émirats arabes unis, l'Union européenne, ont rejoint les représentants de l'Union africaine et de la Ligue arabe. Sarraj et Haftar, qui ont assisté à la conférence, ne se sont pas parlés.

Cependant, Haftar a bombardé Tripoli un jour après la conférence de Berlin, qui a appelé les parties et les partisans à mettre fin à leurs activités militaires et à se conformer à l'embargo sur les armes imposé par l'ONU, ainsi qu'à la trêve en Libye.

En outre, lorsque les acteurs internationaux se sont réunis pour la Conférence de Berlin, le 18 janvier, juste un jour avant le début de la conférence, des groupes armés et des tribus pro-Haftar dans l'est du pays ont annoncé qu'ils fermaient leurs installations de production de pétrole et leurs ports d'exportation dans la région appelée le Croissant pétrolier.



- Février 2020, Genève, réunions du "Comité militaire 5+5"



Dans la carte de solution présentée par l'ONU concernant la Libye et soutenue par les pays participant à la Conférence de Berlin, trois pourparlers militaires 5+5 avec les parties opposées, se réuniront pour mener des négociations économiques et politiques, afin d'assurer un cessez-le-feu permanent. La feuille de route a été établie.

Ainsi, 5 représentants des deux parties libyennes (GAN et Haftar) ont assisté aux réunions du comité militaire, qui ont commencé sous les auspices de l'ONU le 18 février à Genève, en Suisse.

Cependant, lorsque les milices affiliées à Haftar ont poursuivi leurs attaques contre Tripoli alors que les pourparlers étaient en cours, le gouvernement libyen a annoncé qu'il suspendait les pourparlers à Genève, le 19 février.

Le gouvernement libyen a annoncé qu'il ne se réunira plus avec Haftar, face aux rejets répétés de solutions et d'accords pacifiques proposés jusqu’alors, et que le général putschiste n'aurait pas de rôle dans l'avenir du pays.


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