dimanche 3 mai 2020

Liban : un tournant violent pour l’acte II de la « thawra » ?

Alors que le confinement lié au coronavirus vient porter le coup de grâce à une économie exsangue, la contestation s’amplifie au Liban sous une forme plus agressive

Des manifestants lancent des pierres sur des soldats dans la ville 
portuaire de Tripoli, dans le nord du Liban, le 28 avril 2020 (AFP)

Par Hugo Lautissier – BEYROUTH, Liban

Routes bloquées, affrontements avec l’armée, le « retour à la normale » promis avec le déconfinement progressif entamé cette semaine est avant tout un retour à la rue pour de nombreux manifestants libanais.



Cette semaine, Tripoli, la grande ville du Liban-Nord, s’est embrasée à nouveau. Des centaines de manifestants ont convergé vers le centre-ville, à partir de lundi soir, et ont visé les banques ainsi que l’armée à l’aide de pierres et de cocktails Molotov. Réprimés par la force, les heurts ont provoqué la mort d’un manifestant, un mécanicien de 26 ans, Fawaz Saman.

La « fiancée de la Révolution », comme on la surnomme depuis le début du mouvement de contestation né en octobre dernier, est la ville la plus pauvre du Liban. Trente-six pour cent de ses habitants vivaient sous le seuil de pauvreté avant les mesures de confinement adoptées pour éviter la propagation du nouveau coronavirus dans le pays, qui compte à ce jour 725 cas et 24 décès.

Les événements survenus à Tripoli viennent parachever une période de haute tension, marquée par des manifestations aux quatre coins du pays : des émeutes dans le Akkar, la région du nord frontalière avec la Syrie, ainsi que dans la ville côtière de Saïda et dans la plaine de la Bekaa.

« Les activistes mettent le gouvernement en garde depuis la fin de l’année dernière : si l’État libanais continue d’ignorer les demandes des manifestants, ces derniers devront changer de stratégie », observe Lara Bitar, rédactrice en chef du média en ligne The Public Source, lancé en...

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