mardi 5 mai 2020

Coronavirus. Des médecins alertent après l’apparition de « clusters » familiaux à Marseille

Des foyers épidémiques de Covid-19 ont été détectés dans des familles des quartiers Nord de Marseille. Des médecins somment les autorités d’agir pour trouver des lieux d’hébergement.

Hôpital de la Timone à Marseille, le 15 avril. | CHRISTOPHE SIMON / AFP


À Marseille, où ont été repérés des foyers épidémiques de Covid-19 dans des familles des quartiers Nord, des médecins somment les autorités d’agir pour attribuer au plus vite des places d’hébergement à des malades afin de les isoler efficacement de leurs proches.

Depuis la mi-avril, un dispositif spécial ville/hôpital de dépistage du coronavirus appelé NordCovid a été déployé au pied des tours des quartiers pauvres de Malpassé et Kallisté, au nord de Marseille.


Avec près de 200 tests par jour, les médecins de NordCovid ont observé de véritables « clusters » familiaux, décrit Annie Levy-Mozziconacci, médecin à l’Hôpital Nord et conseillère municipale d’opposition.



Une « réquisition » nécessaire de l’État

Face à ce phénomène et au constat de surpopulation de beaucoup d’appartements dans ces quartiers où l’isolement d’une personne malade est une gageure, Annie Levy-Mozziconacci insiste sur l’extrême nécessité de trouver des lieux d’hébergement.


Encouragée par une réelle volonté d’accompagnement de l’Agence régionale de santé et par les discours gouvernementaux, la médecin a identifié plusieurs solutions : un centre social, des hôtels, des centres de vacances, et même un locataire de mobile-homes prêts à mettre à disposition des chambres pour les malades le temps de leur quarantaine, qui attendent une réquisition nécessaire de l’État.

Pourtant, rien ne bouge : Là nous sommes dans une situation d’urgence : j’ai envoyé une lettre à la préfète à l’égalité des chances le 20 avril, nous sommes début mai et nous n’avons pu mettre personne à l’abri, déplore Annie Levy-Mozziconacci. On attend du gouvernement une note et un budget, martèle-t-elle.


« C’est inquiétant cette latence »

Ça se décante un peu car, a priori, on va obtenir une aile dédiée aux patients Covid + dans un centre d’hébergement social, ajoute Aloys Vimard, coordinateur du projet pour Médecins sans frontières.



Mais c’est inquiétant cette latence pour prendre des décisions alors qu’on est en crise sanitaire, s’alarme cet habitué de la médecine d’urgence.

Il y a bien une volonté d’accompagner la démarche d’isolement des personnes malades qui ne pourraient le faire dans des conditions correctes à domicile, a assuré la préfecture lundi soir, ajoutant que ce type de dispositif a vocation à se mettre en place à compter de la période de déconfinement de manière plus globale à l’échelle nationale.


Attente des « instructions nationales »

Dans un courriel, la préfecture a ajouté que ce type de dispositif ayant vocation à se déployer à l’échelle nationale à compter de la période de déconfinement, elle attendait des instructions nationales sur la mise en œuvre et la prise en charge de tels dispositifs pour pouvoir donner une réponse favorable définitive en termes d’orientation de ces publics.



Selon Aloys Vimard, avec le déconfinement le nombre de personnes positives va augmenter, et l’éviction est la seule solution pour casser les chaînes de transmission.

Ni les services de l’ARS, ni ceux de la préfecture, n’avaient répondu lundi après-midi.

Aucun commentaire: