samedi 11 avril 2020

Covid-19 : Et n’oublions pas les Palestiniens…

Par Mariam Maazouz

Gaza, région la plus
 peuplée de la Palestine, redoute les conséquences d’une explosion de l’épidémie du Coronavirus. La Palestine compte aujourd’hui presque 300 cas recensés, les deux premiers cas ont été recensés à Gaza le 22 mars 2020, et un premier décès est survenu ce vendredi 10 avril.

Les experts redoutent les conséquences qui seront particulièrement désastreuses d’une propagation de l’épidémie, notamment à Gaza, où la population y est particulièrement dense, où le taux de pauvreté atteint des records, et où les infrastructures sanitaires sont médiocres.

Une double souffrance

Soumis au blocus des Israéliens depuis 2007, les Palestiniens font donc face, aujourd’hui, à une double peine, non seulement à celle des risques liés à la maladie, mais aussi aux conséquences de ce blocus qui a dévasté le système de santé, provoqué des pénuries (90% de l’eau potable est impropre à la consommation humaine selon l’OMS) et en médicaments. Fin mars, l’OMS annonçait que Gaza ne disposait que de 60 lits en soins intensifs pour presque 2 millions d’habitants.

Dès l’annonce des premiers cas, la panique s’est emparée des Palestiniens, faisant face à des structures sanitaires non préparées. Un expert interrogé par la chaine allemande DW, expliquait que pour 100 patients, il y aurait besoin d’au moins 5 lits en unité de soins intensifs. Si les cas dépassent les 1500 cas, ce sera un véritable désastre, sans oublier que dans la plupart des habitations, des chambres sont partagées entre une dizaine de personnes. Il devient alors difficile d’appliquer les mesures imposées par l’OMS concernant la distanciation sociale.

Mais les Palestiniens ne se laissent pas abattre, ils sont forts et déploient tout ce qui est en leur possible, tant bien que mal, pour tenter de contenir l’épidémie : désinfection des rues, fabrication locale de vêtements de protection, fermeture de mosquées, sensibilisation. Mais ils n’hésitent pas non plus à pointer du doigt le Ministère de la santé pour le manque de kits de dépistage. L’OMS aurait fourni une modeste quantité de kits qu’ils doivent utiliser avec grande précaution, d’autant plus que la plupart des foyers, possèdent à peine les moyens de se nourrir, et ne sacrifieront donc pas l’alimentation au profit de désinfectants ou de détergents.

Par ailleurs, les médecins décrient un grand manque en ventilateurs, et quand bien même une aide serait effectuée pour apporter cet équipement, la population de Gaza n’a le droit qu’à une dizaine d’heure d’électricité par jours, forçant ainsi les hôpitaux à utiliser des générateurs qui nécessitent de l’essence. Des témoignages de médecins sur la Toile, qui racontent parfois même, le recours à la lumière d’un téléphone durant une opération, laissent sans voix.

La responsabilité Israélienne et le soutien nécessaire de la communauté internationale

Si les Israéliens prétendent avoir fait leur possible pour acheminer du matériel médical dont 500 kits de dépistage, les Palestiniens accusent le coup, les ressources seraient toujours bloquées et il y a pénurie de masques. L’ONU et plusieurs organisations ont développé un plan de réponse pour aider la population Palestinienne a faire face à cette crise, un plan qui requiert 34 millions de dollars répartis entre l’éducation, la nourriture, les soins etc. A ce jour, seuls 25% de ce plan auraient été financés.


Et malgré les efforts de cette communauté internationale, la responsabilité Israélienne pour fournir les Palestiniens en besoins nécessaires est une obligation juridique, que Michael Lynk, le Rapporteur spécial des Nations Unies pour la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien, a rappelé : “L’article 56 de la quatrième Convention de Genève, exige qu’Israël, puissance occupante, veille à ce que tous les moyens de prévention nécessaires à sa disposition soient utilisés pour ‘lutter contre la propagation des maladies contagieuses et des épidémies’”.

Et pourtant, les Palestiniens, notamment les habitants de Gaza, auraient aimé n’avoir comme unique problème, la gestion d’un virus qui a emporté plus de 100.000 vies à travers le monde, mais cela fait déja plus de 15 années qu’ils vivent en quarantaine.

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