mardi 28 avril 2020

128 millions de dollars de revenus fiscaux des palestiniens confisqués par Israël : Vol qualifié

D.R

La Palestine a dénoncé, dimanche, la décision d'un tribunal israélien visant à réserver environ 128 millions de dollars de ses revenus fiscaux. Hussein al-Sheikh, membre du comité central du parti Fatah, a décrit cette décision comme «du piratage et du vol».

«De telles décisions nous confortent dans notre détermination à mettre en œuvre les décisions des conseils national et central palestiniens», a ajouté M. Sheikh. Ses propos faisaient référence à la suspension de la reconnaissance d'Israël par la Palestine, la cessation de la coordination sécuritaire avec l'Etat hébreu et la désintégration de la relation de dépendance économique qui lie la Palestine à celui-ci. En vertu des traités de paix d'Oslo signés entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine dans les années 1990, il a été convenu qu'Israël collecterait les taxes du commerce palestinien au nom de l'Autorité palestinienne. La radio officielle israélienne a rapporté plus tôt dans la journée que la Cour suprême israélienne à El-Qods avait délivré une ordonnance de saisie de 128 millions de dollars sur les revenus fiscaux palestiniens. Selon la radio, cette décision a été prise à la suite d'un précédent jugement qui a tenu l'Autorité palestinienne pour responsable de nombreuses opérations et d'une série d'attaques contre des Israéliens. En 2019, le président de l’Autorité palestinienne avait décidé de rejeter toutes les recettes fiscales transférées par Israël, en réponse à la rétention par l’état hébreu de 138 millions de dollars. Cette législation, adoptée en 2018, permet à l’Etat juif de retenir le montant des fonds habituellement dépensés pour ces rémunérations grâce aux recettes fiscales collectées par Israël au nom de l’Autorité palestinienne. L’argent issu de la fiscalité sert de pensions aux familles palestiniennes dont des membres ont été assassinés par Tsahal ou détenus dans les prisons israéliennes. Une pratique à laquelle l’autorité palestinienne ne peut s’y substituer. Ce nouveau hold-up fait suite à un autre et qui concerne l’annexion d’une partie de la Cisjordanie. Ainsi, l’un des premiers accords signés par le nouveau cabinet israélien vise à renforcer la politique expansionniste de l’état hébreu. Dans ce contexte, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé sa confiance que Washington donnerait son aval dans les deux prochains mois pour cette annexion de facto de parties de la Cisjordanie occupée. Netanyahu, en annonçant un accord avec son nouvel allié centriste Benny Gantz pour former un gouvernement d'unité, a fixé au 1er juillet le début des discussions du cabinet sur l'extension de la souveraineté israélienne aux colonies juives de Cisjordanie et l'annexion pure et simple de la vallée du Jourdain dans la région. Une telle décision devrait être entérinée par Washington, selon l'accord Netanyahu-Gantz. Cette décision fait partie intégrante du «plan du siècle» élaboré par le 45e président des Etats- unis reconnaissant de fait l'autorité d'Israël sur les terres de colonisation de Cisjordanie. «Dans quelques mois, je suis convaincu que cet engagement sera honoré», a déclaré Netanyahu. Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a déclaré, fin de semaine dernière, qu'il appartenait à Israël d’annexer des parties de la Cisjordanie… au grand dam de la légalité et des conventions internationales.

M. T.

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