samedi 28 mars 2020

Le coronavirus et l'avenir du Moyen-Orient (étude)

Une étude de Can ACUN, chercheur en politique étrangère à SETA.


Le coronavirus continue de se propager à toute vitesse dans le monde entier. L’épidémie qui est devenue une pandémie, a infecté presqu’un demi million de personnes et a commencé à ébranler les structures politiques, économiques et sociales de plusieurs pays. Les pays du Moyen-Orient qui ont de faibles appareils d’Etat et de faibles systèmes de santé, sont confrontés à un défi de taille.

Alors que le coronavirus continue de se propager dans le monde entier et au Moyen-Orient, les structures politiques, économiques et sociales de cette région sont sérieusement ébranlées. Les pays qui n’ont pas d’appareils d’Etat suffisamment puissants, qui ont une économie et un système de santé faibles sont particulièrement fragiles face au virus. Les principaux pays qui sont dans cette situation sont donc la Syrie et le Yémen. Ces pays qui se sont déjà suffisamment affaiblis à cause des guerres civiles qui y perdurent, ne sont pas capables de combattre l’épidémie. Le dépistage des cas et le confinement des personnes infectées ne semblent malheureusement pas possibles. Dans le même temps, la structure divisée de ces pays empêche l’intervention contre l’épidémie depuis un seul centre. La Syrie est aujourd’hui contrôlée par le régime, les opposants et le PKK. Il est question d’une situation semblable au Yémen.

L’Iran est un autre pays qui a de faibles appareils d’Etat au sujet de l’épidémie de coronavirus. La propagation de l’épidémie n’est pas stoppée et l’administration politique s’affaiblit progressivement. L’Iran continue toutefois d’investir dans les guerres par procuration et d’épuiser ses ressources. De plus, la chute de la demande au pétrole a également fait baiser les prix au niveau le plus bas des dernières années. Cette situation est un grand défi pour l’Iran qui est déjà visée par les sanctions américaines. Bien évidemment la baisse des prix du pétrole met en difficulté l’Iran, l’Irak ainsi que les autres pays du Golfe. L’Irak qui est un pays dont l’économie dépend à 90% du pétrole et où les questions ethniques et confessionnelles sont actives, est sérieusement menacé. Dans un scénario où le virus continuerait de se propager plus longtemps, son intégrité territoriale pourrait aussi être menacée. Même si les riches pays du Golfe vont se essayer de se protéger au prix d’épuiser tous leurs fonds, ils risquent d’affronter de sérieuses difficultés car ils ne possèdent pas d’économie basée sur la production et n’ont pas de la sécurité alimentaire.

Par conséquent, un grand chaos s’annonce au Moyen-Orient à cause de la dépendance à l’exportation de pétrole et des faibles appareils d’Etat. L’Irak, l’Iran et les pays du Golfe dont le budget de l’Etat repose en grande partie sur le pétrole, sont menacés par une profonde crise économique. Le processus de récession attisé par le coronavirus a fait reculer les prix du pétrole jusqu’à 20 dollars, ce qui rend ingérables les budgets des pays concernés. Pour l’Iran qui est déjà en difficulté à cause des sanctions, l’impact sera encore plus grave. La propagation du virus continuera de déclencher des faits sociaux. Si la propagation perdure à la vitesse actuelle, seulement quelques pays comme la Turquie, possédant une économie reposant sur la production, une sécurité alimentaire et des appareils d’Etat solides pourront survivre au Moyen-Orient.


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