lundi 9 mars 2020

Israël : renforcement de la sécurité de Gantz après des menaces de mort

Menaces qui lui ont été adressées sur les réseaux sociaux par les partisans de Netanyahu, selon le journal "Yediot Ahronot"

Mourad Belhaj
AA / Zain Khalil

La Knesset israélienne (parlement) a décidé de renforcer la sécurité personnelle de Benny Gantz, chef de la coalition "Bleu-Blanc", à partir de dimanche, après les menaces de mort qu'il a reçues de militants sur les réseaux sociaux, selon des médias israéliens.


Le journal Yedioth Ahronoth a déclaré que la décision avait été prise par le "Commandant de la Knesset", responsable de la sécurité des 120 députés du parlement.


Gantz a déclaré, dans un discours prononcé samedi dans la ville de Ramat Gan (centre), qu'à son arrivée dans la région, il avait été agressé verbalement par un homme qui tentait de l'approcher et de l'affronter, avant d'être écarté par son garde du corps.


Au cours des deux derniers jours, des "photos de haine et d'incitation" contre Gantz et les hauts responsables de son parti ont été publiées sur plusieurs sites de réseaux sociaux par des militants qui sont apparus avec leurs photos et leurs vrais noms, selon la même source.


" "[Gantz] finira comme Rabin. L'idiot n'a pas encore compris", a écrit une utilisatrice de Twitter nommée Sari, qui se présente comme une fervente partisane du Premier ministre Benjamin Netanyahu.


Rabin (1922-1995) était le Premier ministre d'Israël jusqu'à son assassinat à Tel Aviv (centre) le 4 novembre 1995, par un militant nommé Yigal Amir, pour protester contre sa signature de l'accord d'Oslo avec les Palestiniens.


"Gantz doit être tué sur la place Rabin (Tel Aviv)", a écrit un internaute Israélien sur Facebook.


Gantz a accusé son rival, Netanyahu, le chef du parti Likoud, de garder le silence face à des "menaces très inquiétantes pour tout dirigeant national".


S'adressant à Netanyahu, il a ajouté: "Je ne vous permettrai pas d'inciter à la haine et de déclencher la première guerre civile moderne. L'atmosphère est très inquiétante".


Le parti de Gantz cherche à adopter une loi qui empêcherait Netanyahu d'être chargé de former un gouvernement, en raison de son inculpation dans des affaires de corruption, abus de confiance et fraude. Le procès de Netanyahu s'ouvrira le 17 mars courant.


Rien dans la loi israélienne n'empêche qu'une personne accusée de corruption soit chargée de la formation d'un gouvernement, ou de rester à ce poste jusqu'à sa condamnation par la Cour suprême israélienne.


Jeudi, la Commission électorale centrale d'Israël a annoncé que le parti Likoud avait remporté 36 sièges, contre 33 sièges pour la coalition "Bleu-Blanc" dirigée par Gantz.


Selon les données de la commission, le camps de droite (58 sièges) et le camp de gauche (55 sièges) ne pourront pas former un gouvernement, car cela nécessiterait une majorité de 61 sièges.

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