vendredi 27 mars 2020

Covid-19 et restriction des libertés : vigilance citoyenne


Françaises, Français, citoyennes, citoyens,

A l’heure où, sur décision de nos gouvernants, nous sommes toute une nation à être confinée dans nos logements en raison de la menace induite par le Covid-19, un profond sentiment de gêne s’empare peu à peu d’un grand nombre d’entre nous. Ce sentiment est celui, qu’après avoir vécu des heures glorieuses de l’histoire sociale et politique de notre pays dans les mois qui ont précédé, des heures où la société civile a su recouvrir une existence réelle et palpable dans le cours des décisions qui viennent affecter sa vie sans concertation et sans possibilité de participation de sa part, le citoyen se retrouve physiquement entravé, confiné.

Un certain type de rationalité, auquel le recours est inédit pour la plupart d’entre nous, vient affecter nos vies dans ce qu’elles ont de public et de privé. Il s’agit de la raison sanitaire, celle qui se prévaut d’agir en premier et dernier lieux au nom d’une valeur posée comme étant la plus haute en ces heures-ci : la préservation de la santé publique. Comme caution de cette mesure, notre Président invoque la glorieuse science comme fondement de son action et d’une « guerre » qu’il entreprend et dans laquelle il entend enrôler tous les Français, bon gré mal gré.

Un tel usage de la caution scientifique ne peut que laisser pantois le citoyen averti. Vouloir de la sorte faire passer la science pour un synonyme évident de la Vérité donne à la situation une atmosphère orwellienne des plus inquiétantes. La Science est d’abord et avant tout une activité et une production humaines. Tout au long de l’Histoire, celle-ci a été en prise avec les idéologies, parfois les plus sombres. Et il est à la charge de la conscience humaine, individuelle et collective, de toujours maintenir vivace cette distance critique qui refuse de faire aveuglément de la Science un synonyme de la Vérité et une justification morale autosuffisante de quelque entreprise politique et idéologique que ce soit.

Pourtant, en ces heures troubles, force est de constater que nos gouvernants se permettent de faire dire à la Science que celle-ci exige une restriction de nos libertés fondamentales. Il ne s’agit pourtant là en rien d’une inférence scientifique, mais d’un raisonnement et d’un choix fondamentalement politiques. Tout comme la situation de crise dans laquelle nous nous trouvons actuellement, trouve une grande partie de son explication dans des choix politiques tout à fait stupéfiants et sur lesquels les citoyens demanderont des comptes le moment venu. Les révélations se font en effet, peu à peu jour sur la gestion calamiteuse de cette crise depuis les premières heures, et jusqu’à il y a encore peu avant l’annonce en grande pompe des mesures d’exception que nous vivons actuellement.

Il ne vous aura pas échappé mesdames, messieurs nos gouvernants, que les citoyens se posent aujourd’hui des questions pressantes relatives à l’explication de cette crise que nous traversons, ses tenants et ses aboutissants, voire même, ses origines profondes. En cela, ils ne font que mettre en mouvement leur pensée critique, qui est un des attributs inaliénables du citoyen et un des fondements de sa dignité. Or, force est de constater que face à la gestion opaque et de plus en plus autoritaire de cette crise, les possibilités de réponse qui se profilent mettent les Français dans une situation de grande perplexité.

Par ces quelques lignes, je pense pouvoir exprimer la conviction de beaucoup de citoyens français en affirmant que notre société civile se trouve actuellement dans la situation d’un compromis qu’elle accepte avec une certaine circonspection et avec la plus grande vigilance. Mesdames, Messieurs nos gouvernants, à la tête desquels notre Président, Emmanuel Macron, soyez assurés qu’en ces heures difficiles que traverse notre Nation, le compromis qu’accepte la société civile en respectant le confinement ne vaut certainement pas un chèque en blanc. C’est au contraire une concession que nous tous, citoyens, réévaluons au jour le jour. Un ensemble de circonstances présentes aboutissent à ce que la nation française fasse le choix de se plier à ce confinement dans une analyse globale de l’intérêt individuel et collectif, mais chaque jour la situation évolue.

Si la santé publique se retrouve mise au premier plan des valeurs de notre nation, de telle sorte que l’effort commun se concentre actuellement sur sa préservation, il est d’autres valeurs constitutives de notre identité humaine et nationale qui sont au moins aussi décisives et importantes qu’elle. Parmi elles, la Liberté et les libertés fondamentales du citoyen, la lutte contre toute forme d’autoritarisme et de fascisme, la transparence et la concertation du peuple. Si ces valeurs n’étaient pas plus hautes que toutes autres dans notre conscience humaine et nationale, plus haute même que l’actuelle sacrosainte santé publique, la France ne serait pas un pays libre, mais sous domination allemande. C’est parce que la liberté était plus chère à nos aïeux que la vie et la santé publique que notre pays a offert des morts, des blessés et des mutilés par millions, jusqu’à la victoire.

De la même façon que les honorables personnels soignants de notre pays mettent actuellement leur destinée individuelle et la préservation de leur vie personnelle au second plan, derrière la préservation de la santé publique, le citoyen français porte en lui l’abnégation et l’héroïsme nécessaires pour mettre sa vie et sa préservation personnelle au second plan, derrière les idéaux les plus hauts de la nation. Plus encore, s’il s’avérait que l’idéal de la santé publique lui-même avait été trahi et mal géré par ceux qui ont prétendu le défendre au prix d’un amoindrissement exceptionnel de l’Etat de droit, il ne serait dès lors que plus facile encore et naturel pour le citoyen de braver le confinement pour défendre à tout prix ce que la Nation a de plus haut et de plus cher.

Notre Nation traverse actuellement ce que l’on pourrait qualifier d’expérience sociale totale. Beaucoup s’interrogent de savoir s’il ne s’agirait pas plus exactement d’une expérimentation sociale. Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse d’une œuvre d’ingénierie sociale ou non, celle-ci travaille nos consciences individuelles et collectives. Mais soyons tous assurés qu’il n’en résultera aucune accoutumance à la servilité et à la domestication. Bien au contraire. Cette expérience ravive l’ardeur de la flamme que nous abritons en chacun de nous, celle de l’attachement à la liberté et à la justice. Le confinement qui est le nôtre et qui ne pourra pas durer éternellement, est l’occasion d’observer avec plus d’acuité le rapport qui nous lie, nous citoyens, au politique et à la gouvernance qui s’exerce sur nous. Processus et mécanismes qui s’effacent et s’invisibilisent lorsque la vie suit son cours effréné, mais qui transparaît avec éclat lorsque le temps semble se figer, comme lorsqu’en ces temps-ci, un passant marche dans la ville déserte.

C’est à la lumière de ce qui précède que la présente pétition vise à faire savoir à nos gouvernants, et à Monsieur le Président de la République en premier lieu, que le confinement actuel repose sur un équilibre fragile qu’il convient de préserver avec le plus grand soin. Ceci en faisant réellement primer les intérêts de la Nation, exclusivement et au-dessus de tout, en particulier de tout intérêt opaque et corporatiste de quelque nature qu’il soit. Si tel est n’est pas le cas, il convient alors de changer de cap dans les plus brefs délais avant que la situation n’atteigne un point de non-retour. L’état d’urgence et les mesures d’exception qui s’accumulent ne font qu’effriter jour après jour la confiance qui nous lie à l’Etat, laquelle est pourtant la condition de possibilité de la stabilité nationale. Les citoyens veillent au grain et le confinement ne les a pas emmurés. Derrière chaque porte se trouve la rue. A bon entendeur.



Collectif de citoyens



Pour donner du poids à cet appel et lui permettre de cristalliser réellement l’humeur et la conscience du peuple français, merci de la signer (ne pas oublier la validation de la signature par mail) et de la partager autour de vous, à vos proches, sur vos réseaux sociaux. Lien de la pétition : http://chng.it/wKvrV5TjrQ

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