dimanche 29 mars 2020

Coronavirus : sommes-nous tous sous surveillance ?

Coronavirus : êtes-vous sous surveillance ? - © FRED DUFOUR - AFP

L’épidémie de coronavirus va-t-elle être la porte ouverte à plus de surveillance ? C’est ce qui semble se passer dans plusieurs pays sous couvert de maintenir la propagation du virus sous contrôle. Sans surprise, la Chine et la Corée du Sud suivent leurs citoyens à la trace. Israël et les États-Unis aussi. Et la Belgique n’échappe pas non plus à ce traçage numérique.

En Chine, des codes couleurs (vert, jaune, rouge) sont attribués à chaque citoyen de Hangzhou pour déterminer leur niveau de liberté. Cette ville est sous confinement très strict. Pour en sortir, les habitants ont donc dû remplir un formulaire indiquant les symptômes dont ils ont été affectés. Une fois rempli, ils reçoivent un QR code avec une couleur. D’un seul coup d’œil, leur état de santé peut être évalué. Le rouge signifie la quarantaine pour 14 jours. Le jaune, le confinement pendant 7 jours. Et finalement, le vert, la liberté de se déplacer selon ses envies.


Traqué comme en liberté conditionnelle

À Hong-Kong, les personnes qui reviennent de l’étranger doivent porter un bracelet de suivi à l’image des personnes en libération conditionnelle.


À Singapour, une équipe de détectives numériques est chargée de surveiller les activités des personnes placées en quarantaine. Celles-ci doivent communiquer leur localisation GPS et sont suivies en temps réel.


En Israël, le service de sécurité intérieure s’est mis au pistage des civils à l’aide de technologies et des données d’opérateurs de télécommunication. Cela a fait réagir l’anthropologue et auteur à succès israélien Yuval Noah Harari : "l’épidémie pourrait marquer un tournant décisif car le recours aux outils de surveillance massifs expose les citoyens à un contrôle plus intrusif".


Sur le modèle des applications de rencontres
Aux États-Unis, le MIT, Massachussetts Institute of Technology, a conçu une application sur le modèle des applications de rencontres, mais cette fois-ci, l’idée n’est pas de trouver l’âme sœur, mais bien d’être prévenu si vous avez croisé le chemin d’une personne contaminée.


Michael Bloomberg, ex-candidat à la présidentielle américaine, a partagé ce tweet. "Le New-York Times a traqué les données de cas de coronavirus par Comté et il le rend accessible à tous. Ces données sont essentielles pour lutter contre le Covid-19 parce qu’on ne peut pas gérer ce qu’on ne peut pas mesurer".



La Belgique n’est pas en reste sur l’utilisation de données. La Taskforce Data Against Coronavirus a analysé les données des opérateurs de télécommunication. Et a pu sortir ce chiffre : la semaine dernière, les Belges sont restés 79% de leur temps dans la zone de leur domicile. Les données récoltées ont été anonymisées, l’identité des citoyens est donc protégée, mais on le voit, des informations précises sont toutefois extraites.
Protéger nos libertés

La Ligue des Droits Humains met en garde contre les mesures inédites prises par le gouvernement qui dispose désormais de pouvoirs exceptionnels. " Il faut tout mettre en œuvre pour éviter que les mesures exceptionnelles prises pour faire face au Covid-19 n’impliquent des restrictions injustifiées dans les droits et libertés ".


Il est hors de question que notre démocratie se transforme en pseudo-démocratie

Olivia Venet, présidente de la Ligue, ajoute dans CQFD : "Il est hors de question que notre démocratie se transforme en pseudo-démocratie. Par contre, prendre des mesures pour réagir rapidement et efficacement, c’est nécessaire".

La Ligue ajoute toutefois que les restrictions dans les droits et libertés des citoyens doivent être proportionnées et nécessaires. Et insiste sur le fait que ces mesures exceptionnelles ne peuvent être prises que pendant la durée de la crise.

Wuhan : la police contrôle la santé des habitants en scannant leur QR Code

rtbf.be

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