samedi 28 mars 2020

Coronavirus: RSF dénonce des intimidations à l'égard des journalistes

Nadia Chahed 
AA/Yvan Rukundo

Alors que la pandémie de Coronavirus se propage dans le continent africain, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) déplore une multiplication des actes d’intimidation, d’agression et de censure visant les journalistes et médias du continent qui couvrent la crise sanitaire en cours.

RSF "demande aux autorités de ne pas se tromper de combat en garantissant la liberté de l’information, plus que jamais essentielle durant cette période", rapporte un communiqué publié vendredi sur le site de l'ONG.


Ce vendredi 27 mars, l’Afrique comptait 3337 cas et 90 décès des suites du coronavirus, rappelle la même source.


La quasi-totalité des 55 Etats membres de l’Union africaine sont désormais touchés par la pandémie et l’étau se resserre dangereusement sur les journalistes du continent, relève encore RSF.


En RDC, Tholi Totali Glody, reporter pour Alfajari TV, a été pourchassé puis renversé de sa moto par des policiers alors qu’il tournait un reportage sur le confinement imposé à la population de sa province, indique encore l'ONG.


Des scénarios quasi identiques se sont produits au Sénégal, où une équipe de télévision de Touba TV a reçu plusieurs coups de matraques de la part d’un policier alors qu’elle disposait d’une autorisation préfectorale pour couvrir le confinement, et en Ouganda, où Julius Ocungi le chef du Réseau Radio Ouganda a été agressé par les forces de l’ordre qui lui ont ensuite dérobé de l’argent et son appareil photo pour avoir tenté de couvrir la fermeture d’un bar, déplore encore RSF.


Au Nigeria, plusieurs journalistes de la chaîne TVC, embarqués avec les forces de l’ordre qui procédaient à des fermetures de lieux publics, ont de leur côté été malmenés et leurs téléphones dérobés par les membres d’une église de Lagos, la capitale économique du pays, selon la même source.


Outre ces cas d'agressions et d’intimidations s’ajoutent des tentatives d’empêcher les journalistes de faire leur travail, note l'ONG.


Les autorités du Nigeria et du Libéria ont décidé de limiter l’accès à la présidence à une poignée de médias, presque tous contrôlés ou proches du pouvoir. Celles du Cameroun ont exclu de la communication gouvernementale plusieurs médias privés critiques très populaires, note l'Organisation de défense de la liberté d'expression.


Et à Madagascar, les programmes de libre antenne dans lesquels des auditeurs sont susceptibles d’intervenir et d’exprimer leur opinion sur la pandémie et sa gestion sont désormais interdits.


Enfin, les pressions policières et judiciaires s’accentuent. Pour avoir révélé deux cas de coronavirus à la prison d’Abidjan dans une enquête dont les conclusions ont été démenties par l’administration pénitentiaire, deux journalistes ivoiriens ont été condamnés à 5 millions de francs CFA d’amende (7622 euros) chacun pour "diffusion de fausses nouvelles", souligne l'ONG.


"S’en prendre aux professionnels de l’information est sans doute l’un des pires moyens de lutter efficacement contre la propagation du virus. Nous exhortons les autorités des pays concernés à ne pas se tromper de combat en garantissant aux journalistes la possibilité d’exercer librement leur métier sans crainte de représailles à l’heure où leur mission d’information auprès du public est plus que jamais essentielle", a déclaré Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF, cité par le communiqué.


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