jeudi 20 février 2020

Maroc: 30 mois de prison ferme pour des vidéos «offensantes»

Un blogueur marocain a été condamné à deux ans et demi de prison ferme pour avoir diffusé sur YouTube des vidéos jugées «offensantes», en droite ligne avec plusieurs sanctions judiciaires récentes visant les réseaux sociaux au Maroc, a-t-on appris mercredi 19 février auprès de son avocat.



Rachid Tahiri (alias Bassirou), a été condamné pour «offense à des institutions de l'État» et «au drapeau et symbole du royaume» par le tribunal de Settat (une ville située à 165 km au sud de Rabat) à la suite d'une plainte déposée par une association nommée «Jeunesse royale», a précisé à l'AFP son avocat Rachid Malzouzi. Ce chauffeur de bus de 39 ans a diffusé plusieurs diatribes dénonçant «la pauvreté» et «la corruption» dans son pays, selon les publications consultées par l'AFP sur YouTube.

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Des groupes de défenseurs des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont récemment dénoncé une «campagne de répression» des autorités marocaines contre les opinions critiques exprimées sur les réseaux sociaux. Amnesty a répertorié au moins dix condamnations à des «peines sévères» depuis novembre, sanctionnant des propos contre le roi Mohammed VI, des institutions de l'État ou des fonctionnaires marocains. La monarchie est considérée comme «l'une des trois +lignes rouges+ de la liberté d'expression au Maroc», rappelle Amnesty. Selon la Constitution du royaume, la personne du monarque est «inviolable».

Parmi les condamnés, figurent les youtubeurs populaires «Moul Hanout» et «Moul Kaskita» (trois et quatre ans de prison), un lycéen (trois ans de prison), un jeune rappeur (quatre ans). Également listé par Amnesty, le journaliste Omar Radi attend son procès pour «outrage à magistrat» le 5 mars prochain, pour un tweet critique visant un juge.

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Une campagne baptisée #freekoulchi («libérez-les tous») a récemment été lancée sur Facebook et Twitter pour dénoncer les sanctions judiciaires visant les voix critiques.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du gouvernement Hassan Abyaba avait affirmé en janvier que «la situation des droits humains ne connaît aucune régression au Maroc», appelant «à distinguer ceux qui s'expriment librement de ceux qui commettent des délits réprimés par la loi».

 lefigaro.fr 

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