lundi 10 février 2020

Le président du Parlement koweïtien jette "l'Accord du siècle" à la poubelle

Dans son discours à la conférence extraordinaire de l'Union parlementaire arabe, il a affirmé que cet accord était "né mort" et que sa place naturelle était "le dépotoir de l'histoire".

Mourad Belhaj
AA / Amman / Laith Al-Jonaidi

Lors de son discours devant la conférence extraordinaire de l'Union parlementaire arabe, qui s'est tenue à Amman, la capitale jordanienne, et sous les applaudissements des délégations arabes participantes, le président du Parlement koweïtien, Marzouq Al-Ghanem, a saisi, samedi, une copie du prétendu "Accord du siècle" et l'a jetée à la poubelle, soulignant que cet accord était "né mort" et que sa place naturelle est "la poubelle de l'histoire".

En jetant la copie de "l'Accord du siècle", le président de l'Assemblée nationale koweïtienne a déclaré: "Au nom des peuples arabes et islamiques et des honnêtes gens du monde, je dis que la place adéquate pour ce texte et les documents du prétendu "accord du siècle" est la poubelle de l'histoire".

Al-Ghanem a souligné que "l'accord du siècle est né mort, et un millier de départements, et mille institutions publicitaires et médiatiques n'aideront pas à sa promotion ".

Et de poursuivre: "Quiconque veut rechercher un règlement pacifique doit travailler à créer des conditions de négociation saines, égales et équitables en vue d'une paix véritable, qui se termine par un État palestinien jouissant de tous les droits sur tout le territoire palestinien, avec Jérusalem pour capitale."

"Le moment choisi pour conclure l'accord du siècle trahit une immaturité et dénote une naïveté étrange et une précipitation pour le moins ridicule", a-t-il estimé.

Le président du Parlement Koweïtien a souligné que l'accord américain est "rejeté par les principaux intéressés (les Palestiniens), de l'extrême droite à l'extrême gauche, comme il est rejeté par les dirigeants, les gouvernements, les élites et les peuples Arabes et islamiques de Rabat jusqu’à Jakarta".

"Les Européens ne sont pas enthousiastes, et se rendent compte de son manque de réalisme et de l'impossibilité de l'accepter et de l'appliquer, et l'ironie cette fois-ci est que de nombreuses voix américaines et juives ont rejeté ce projet (...) personne n’est pour cette formule dénaturée, ce compromis ridicule", a déclaré Al-Ghanem

Il a considéré que "chaque voix essayant de dépeindre nos réunions comme un forum pour échanger des discours grandiloquents et creux, est une voix suspecte."

Al-Ghanem a souligné que "la Palestine et Jérusalem reviendront tôt ou tard".

Dans la déclaration finale de la conférence de l'Union parlementaire arabe, les présidents et les représentants des parlements arabes ont unanimement rejeté leur prétendu "accord du siècle".

La déclaration a souligné le rejet de tout règlement injuste de la question palestinienne, et que l'équation de paix souhaitée ne sera conforme qu'au principe d'une solution à deux États. Elle a également souligné la nécessité de parvenir à la réconciliation palestinienne comme première mesure pour faire face à toutes les conspirations.

Les clauses de la déclaration finale incluaient également l'affirmation selon laquelle "tout préjudice à Jérusalem et sa reconnaissance comme capitale unifiée de la puissance occupante est une escalade dangereuse qui menace la sécurité de la région".

La Conférence parlementaire a débuté dimanche, avec la participation des chefs et des représentants de 20 parlements, avec pour thème "Soutenir et appuyer les frères palestiniens dans leur juste cause, la cause des Arabes et des Musulmans".

Parmi les participants les plus éminents figuraient les présidents des parlements du régime syrien, Hamouda Sabbagh, l'Égyptien Ali Abdel-Al, le Palestinien Salim Al-Zaanoun, le Koweïtien Marzouq Al-Ghanem, l'Irakien Mohammed Al-Halbousi, le Qatari Ahmad Al Mahmoud, le Omanais Khaled Al-Ma’ouri, et le Tunisien Rached Ghannouchi, ainsi que d'autres représentants de parlements arabes.

Lors d'une conférence de presse tenue le 28 janvier à Washington, en présence du Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump a annoncé "l'accord du siècle".

Le plan, qui a été rejeté par l'Autorité palestinienne et toutes les factions de la résistance, prévoit de réduire l'État palestinien sous forme d'un archipel relié par des ponts et des tunnels, et de faire de la ville de Jérusalem une capitale indivise pour Israël.

L'Union parlementaire arabe (UPA) est une organisation qui regroupe les chambres parlementaires arabes. Elle fut fondée en 1974 et est basée dans la capitale libanaise, Beyrouth. Elle s’assigne pour objectifs le renforcement du dialogue et de la concertation entre les parlements arabes, la consolidation de l’action commune et la coordination des efforts parlementaires dans les différents domaines.

Aucun commentaire: