samedi 20 juillet 2019

Israël : le come-back d'Ehud Barak plombé par l'affaire Epstein















L'ex-Premier ministre israélien Ehud Barak, à Tel-Aviv
 le 26 juin.Photo Corinna Kern. Reuters


L'ex-Premier ministre a vu son retour au premier plan parasité par ses liens avec le financier américain, poursuivi pour exploitation sexuelle de mineures aux Etats-Unis au début du mois.


Il en brûlait d’envie depuis des années. Mais, fidèle à sa réputation de génie du billard à trois bandes, Ehud Barak attendait la fenêtre de tir parfaite pour revenir en politique. Finalement, fin juin, l’ex-Premier ministre israélien a annoncé son come-back. Sans parti et quasi sans soutien, avec pour seule ambition de détrôner Benyamin Nétanyahou. Exploit que l’ancien travailliste reste le seul à avoir accompli en mettant fin au premier mandat du chef du Likoud, en 1999.

Comme si, deux décennies plus tard, l’ex-baroudeur des forces spéciales se lançait dans une ultime mission commando, seul avec son sac à dos, son orgueil stratosphérique et ses formules façon rafales de Uzi. «Le gouvernement Nétanyahou, avec ses fanatiques messianiques et son régime corrompu, doit être abattu et non sauvé», a-t-il déclaré en toute sobriété pour justifier son retour.

Le plan de bataille de l’ancien chef d’Etat-major de 77 ans devait se jouer en deux temps. D’abord, prendre le leadership d’une gauche groggy après la défaite historique aux législatives d’avril et en manque de têtes d’affiche, en forçant les travaillistes et le Meretz (le parti du «camp de la paix») à fusionner avec sa liste bricolée à la va-vite d’ici le 1er août, date du dépôt des candidatures. Puis, passé le scrutin du 17 septembre, il entendait former une large coalition de centre-gauche avec le général Benny Gantz, qui avait fait jeu égal avec Nétanyahou lors des dernières élections. Arborant désormais une barbe broussailleuse, Barak voulait se présenter en sauveur de la démocratie et «du futur du projet sioniste», face à un Nétanyahou acculé par les affaires qui en serait le double fossoyeur.
Article embarrassant

Las, cette belle mécanique (l’un de ses passe-temps est l’horlogerie) s’est enrayée aussitôt lancée, entachée par les éclaboussures boueuses de l’affaire Jeffrey Epstein. Depuis l’arrestation début juillet du milliardaire américain, pas un jour n’a passé sans qu’Ehud Barak n’ait eu à se défendre de ses liens professionnels et amicaux avec Epstein, lui qui figure dans le «petit carnet noir» du financier poursuivi pour «exploitation sexuelle de mineures»


L’homme d’affaires, qui aurait été présenté à Barak par Shimon Pérès au début des années 2000, a ainsi versé plus de 2 millions de dollars à l’ex-Premier ministre en 2004 pour un prétendu rapport sur la jeunesse juive jamais publié, et a financé le lancement d’une de ses start-up en 2015.


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