vendredi 19 juillet 2019

« Ils jubilaient » : des miliciens soudanais ont filmé leur assaut meurtrier contre les manifestants

Alors que les généraux, juste avant la signature d’un accord avec la contestation mercredi, ont réclamé une « immunité absolue » pour la répression des manifestations, de nombreux Soudanais espèrent que les vidéos qui circulent désormais sur internet permettront de rendre justice

Des combattants des Forces de soutien rapide (RSF) soudanaises se sont
 filmés en train de disperser violemment le sit-in de Khartoum le 3 juin (MEE)

Par Kaamil Ahmed

Alors que des tentes brûlent et que des balles crépitent à l’arrière-plan, des combattants des tant redoutées Forces de soutien rapide (RSF) soudanaises, l’air frivole, rassemblent des manifestants, les frappent dans le dos avec des cannes, leur écrasent la gorge avec leurs bottes et passent à d’autres victimes en sautillant, apparemment ravis.

Ces images ont été enregistrées par les combattants eux-mêmes alors qu’ils dispersaient violemment un sit-in pacifique à Khartoum le 3 juin dernier, opération au cours de laquelle plus de 100 manifestants ont été tués. Certains corps ont été jetés dans le Nil voisin par les forces soudanaises, selon des informations parvenues au Comité central des médecins soudanais.

La plupart de ces images sont apparues la semaine dernière dans un déluge de séquences vidéo qui a inondé les réseaux sociaux après la fin de la coupure d’internet imposée suite à l’attaque.


« C’était comme s’ils avaient gagné une guerre »

– Sudan Ombudsman

Une grande partie de ces séquences ont été filmées par des manifestants terrifiés et tremblants qui tentaient de rendre compte des violences tout en fuyant les balles. On y voit généralement des combattants des RSF ou des policiers avancer au loin. Les séquences enregistrées par les combattants des RSF, principalement issus des tristement célèbres milices janjawids du Darfour, sont très différentes.

Filmées à la première personne alors qu’ils marchent dans le campement dispersé et se tournent vers les manifestants qu’ils ont capturés, les séquences sont plus stables et montrent souvent clairement le visage des combattants impliqués.

« Ils n’avaient ni peur ni honte. Ils jubilaient pour une raison ou une autre et ils voulaient que ce soit enregistré », a affirmé à Middle East Eye Azaz Elshami, un défenseur des droits de l’homme soudanais.

« Ils ont filmé tous leurs agissements, même des viols commis contre des femmes, d’après des victimes d’abus sexuels. Ils savent qu’ils ne sont pas acceptés et qu’ils ne sont pas considérés comme faisant partie de cette révolution, c’était l’occasion pour eux de se venger. »

L’arrivée des combattants

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