mercredi 24 avril 2019

Un diplomate français met les pieds dans le plat : Voilà de quoi est le nom de « America First »


Dans un entretien publié par le quotidien britannique The Guardian vendredi, jour de son départ à la retraite, le désormais ex-diplomate estime que « l’Amérique d’abord » promise par le milliardaire républicain « c’est l’Amérique seule ». « Ce président et cette administration n’ont pas d’alliés, n’ont pas d’amis », affirme celui qui a auparavant été notamment ambassadeur aux Nations unies et en Israël.

Selon lui, l’administration Trump « ne pense pas en termes de coopération multilatérale » et « n’a aucune affection à l’égard des Européens ». « Elle traite les Européens comme elle traite les Chinois », ajoute-t-il, mettant en garde Londres, qui espère négocier un traité commercial avec Washington après le Brexit: « lorsque les Britanniques viendront pour un accord de libre-échange, il y aura du sang sur les murs et ce sera du sang britannique ».

Gérard Araud, 66 ans, est connu pour avoir été un ambassadeur sans langue de bois. Très actif sur Twitter – à l’instar de Donald Trump -, ses réactions à chaud et peu diplomatiques ont souvent suscité de vives polémiques.

« Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige », avait-il ainsi tweeté la nuit de la victoire de D. Trump, en novembre 2016. Un message qui lui a valu d’intenses critiques, bien qu’il l’ait très rapidement effacé. « J’ai eu beaucoup d’ennuis avec ma propre capitale. Malheureusement, avoir raison trop tôt c’est avoir tort », dit-il au Guardian. « Rétrospectivement, bien entendu j’avais raison », assure-t-il. « Mon monde, mon monde de certitudes, était vraiment en train de s’effondrer et nous étions face à une vraie crise, substantielle, dangereuse », poursuit-il. « Je pense que nous entrons dans une nouvelle ère. Mais je ne sais pas comment sera cette ère. »

Le 19 avril dernier, dans une interview accordée au média US The Atlantic, l’ambassadeur avait qualifié Israël d’«Etat d’apartheid». «Le problème c’est qu’il y a un tel déséquilibre de puissance entre [Palestine et Israël] que le plus fort pourrait en conclure qu’il n’a pas intérêt à faire des concessions», a-t-il signalé. G. Araud a également fait valoir que l’Etat hébreu, en position de supériorité, avait intérêt au statu quo. «[Israël] n’a pas à prendre de décision pénible concernant les Palestiniens, soit de les priver complètement d’Etat, soit d’en faire des citoyens d’Israël», a-t-il déclaré.

G. Araud a également commenté la politique du chef d’Etat américain, notamment au Moyen-Orient. «C’est un négociateur absolu», a-t-il jugé. Et de rapporter des propos que Donald Trump aurait, selon lui, tenu à E. Macron : «J’ai tout donné aux Israéliens. Les Israéliens devront me donner quelque chose.»

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