dimanche 7 avril 2019

[Reportage] Législatives en Israël: le vote des Arabes israéliens

La campagne pour les législatives du député Ahmed Tibi, du parti arabe Taal, dans 
le village israélo-arabe de Taibe, dans le nord d'Israël, le 3 avril.REUTERS/Ammar Awad


Ce mardi 9 avril se tiennent les élections législatives en Israël. Le Premier ministre sortant Benyamin Netanyahu brigue un 5e mandat. Parmi les électeurs, il y a près de 20% d’Arabes israéliens, ces Palestiniens restés sur leurs terres après la création d’Israël en 1948 et qui ont pris la nationalité israélienne. Ils s’estiment souvent marginalisés et peu représentés malgré la présence forte de députés arabes au Parlement. Comment voteront-ils cette fois ? Reportage dans un village arabe israélien près de Jérusalem.


Avec notre envoyée spéciale à Abou Gosh, Murielle Paradon

Dans une pizzeria d’Abou Gosh, Shaadi al-Khatib travaille en musique. Ce jeune homme de 20 ans prendra le temps d’aller voter mardi, c’est important pour son avenir, dit-il : « Je voterai pour une liste arabe, celle d’Ahmed Tibi. Il défend nos intérêts. Il faut défendre l’égalité entre tous. Les Arabes et les juifs ne sont pas traités de la même façon. »

Dans le village d’Abou Gosh, les rapports entre les deux communautés sont plutôt bons, mais tout le monde constate la dérive droitière en Israël.

« Il y a beaucoup de partis politiques racistes, commente Adelrahman Khaled, la soixantaine. Et ce sont tous les mêmes. Pendant les élections, ils font des promesses, ils nous amèneraient la mer si on leur demandait, mais après, ils nous envoient la police. » Le vieil homme votera pour le parti de gauche Meretz.


Ibrahim Brahim, lui, penche pour les travaillistes. Tous deux ne soutiennent aucune des listes arabes. « C’est vrai qu’il y a des partis arabes au Parlement, mais ils sont très faibles. Ils n’ont pas de pouvoir de décision et n’ont pas d’influence sur les grands partis qui décident de tout. Les partis arabes sont là juste pour faire de la figuration », estime-t-il.

Les partis arabesreprésentent la troisième force politique au Parlement israélien, mais ils ont bien du mal à se faire entendre.

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