mercredi 17 avril 2019

Nouveau gouvernement palestinien: Félicité par Washington et vilipendé par le Hamas


Alors que les ministres ont dû prêter serment une deuxième fois dimanche après qu’un avocat a remarqué l’absence de certains mots dans le texte utilisé lors de la première prestation la veille (une clause dans laquelle les ministres jurent d’être fidèles « au peuple et à son héritage national »), le nouveau gouvernement palestinien dirigé par Mohammad Chtayyeh, a été félicité par les Américains.

Jason Greenblatt, conseiller du Président américain Donald Trump et représentant spécial pour les négociations internationales, a présenté ses félicitations officielles au nouvel Exécutif palestinien essentiellement composé d’alliés de longue date du Fatah et d’autres petites formations politiques. «Félicitations au nouveau cabinet de l’Autorité palestinienne. Avec l’expérience de ceux qui figurent sur la liste, nous espérons pouvoir travailler ensemble à la paix et à l’amélioration de la vie des Palestiniens. Il est temps de passer à un nouveau chapitre», indique son message sur Twitter.

Par contre, le Hamas a fait tôt de dénoncer dans un communiqué « l’unilatéralisme et le monopole du pouvoir » de ce nouveau cabinet, appelant à un gouvernement d’union nationale. Les deux composantes palestiniennes sont à couteaux tirés depuis que le Hamas a pris le contrôle de l’enclave palestinienne de Gaza en 2007, au terme d’une quasi-guerre civile avec le Fatah, un an après avoir remporté des élections parlementaires.
Les Américains appuient Tel-Aviv

Si le cafouillage marque la politique de la nouvelle administration US, la clarté reste de mise dans le soutien total apporté à l’entité sioniste. En effet, à l’heure où le monde attend de voir de quoi est faite la nouvelle offre de paix US pour la région, reportée à l’après période électorale qui vient de se dérouler en Israël, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré vendredi qu’il ne pensait pas que le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l’extension de la souveraineté israélienne aux implantations en Cisjordanie puisse nuire au plan de paix que l’administration Trump a élaboré. Propos qui semblent indiquer que le « Deal US » ne prévoit pas la création d’un État palestinien, ni même le contrôle palestinien d’un territoire substantiel contigu en Cisjordanie. « Je pense que la vision que nous allons présenter constituera un changement important par rapport au modèle qui a été utilisé », a-t-il ajouté sur CNN. « Nous avons eu beaucoup d’idées pendant 40 ans. Elles n’ont pas apporté la paix entre les Israéliens et les Palestiniens », a-t-il dit. « Notre concept est de proposer une vision qui a des idées nouvelles, différentes, uniques, qui essaie de recadrer et de remodeler ce qui a toujours été un problème insoluble. » Ajoutant que l’administration Trump souhaitait « une vie meilleure » pour les Israéliens et les Palestiniens.

Quelques jours avant les élections, B. Netanyahu avait soutenu qu’il avait l’intention d’appliquer progressivement la loi israélienne à toutes les implantations et qu’il espérait pouvoir le faire avec l’accord des États-Unis. Excluant catégoriquement la création d’un état palestinien qui, selon lui, « mettrait notre existence en danger », Netanyahu a promis de maintenir en permanence le contrôle sécuritaire israélien global en Cisjordanie et de formaliser la loi israélienne sur les quelque 400 000 Juifs israéliens qui s’y sont établis. Cela s’appliquerait non seulement aux grands blocs d’implantation, mais aussi aux implantations isolées, a-t-il indiqué.

Un haut-responsable du Hamas a rejeté, mercredi, les résultats des élections israéliennes, disant qu’ils n’avaient aucune incidence, et ce alors que les résultats montraient que le bloc de droite de Netanyahu avait remporté une majorité claire à la Knesset. « Tous les partis ne sont que les facettes d’une seule pièce. Cette pièce, c’est l’occupation », a commenté Khalil al-Hayya.

Il a précisé qu’il n’y avait « aucune différence » entre les partis israéliens et promis que le Hamas continuerait à chercher à « mettre un terme à l’occupation ».

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