mercredi 3 avril 2019

Législatives en Israël: de faux comptes Twitter créent la polémique

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu lors d'une 
conférence de presse, le 1er avril 2019.REUTERS/Ronen Zvulun


A moins d’une semaine désormais des élections législatives israéliennes, un groupe d’observation des réseaux sociaux rapporte que des centaines de faux comptes Twitter ont relayé les messages du Likoud, le parti du Premier ministre, et dénigré les principaux rivaux de Benyamin Netanyahu.


Selon le rapport publié par l'un des principaux quotidiens en Israël, plus de 130 000 messages auraient été diffusés sur les réseaux sociaux par des centaines de faux profils. Mêlant publication pro-Likoud, rumeurs et fausses accusations contre les adversaires du chef du gouvernement Benyamin Netanyahu, ils viseraient à influencer les électeurs en faveur du parti du Premier ministre.

Ces messages ont été vus plus de 2,5 millions de fois, indique ce même rapport rédigé par un organisme qui affirme lutter contre les « bots », des logiciels qui agissent de manière autonome. L'utilisation de faux profils en vue d'influencer le processus électoral est interdite par la loi israélienne.

Face à la polémique, Benyamin Netanyahu a tenu une conférence de presse dès lundi, rapport notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. Le Premier ministre sortant a réfuté tout lien avec ces faux comptes gérés non par des « bots » mais des personnes réelles, a-t-il dit. Et il a accusé ses principaux rivaux d’avoir, eux, recours aux logiciels autonomes.

Mais en l’état, cette affaire agite plus la classe politique que les électeurs estime Eyal Arad, un ancien conseiller politique qui a participé à des campagnes électorales pour Benyamin Netanyahu, Ariel Sharon et Ehud Olmert. « La classe politique en générale aime parler de ragots politiques : qui utilise quelle tactique contre qui ? Mais 95 % des électeurs ne sont pas intéressés par la politique. Leur préoccupation, c’est leur propre vie, la sécurité et le développement du pays », affirme Eyal Arad.


« Bleu et Blanc », la principale coalition d’opposition à Benyamin Netanyahu, a demandé l’ouverture d’une enquête. Le procureur général estime qu’il n’y a pas assez d’éléments pour cela. Et pour Eyal Arad, il faudrait de nouvelles fortes révélations pour que cette affaire ait un impact sur la campagne : « Les gens accordent toujours de l’importance à l’honnêteté. Et s’il y a un écart très, très net par rapport aux règles morales, cela peut avoir un effet sur les quelques pourcents d’électeurs qui hésitent entre le Likoud et Bleu et Blanc. »

De même, l’impact des messages véhiculés par ces faux comptes est aussi incertain. Car il n’existe que quelques dizaines de milliers de compte Twitter israéliens, souligne Eyal Arad. Les Israéliens préfèrent la messagerie WhatsApp.

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