samedi 6 avril 2019

L’Afrique du Sud rétrograde officiellement son ambassade en Israël

RODGER BOSCH (AFP/Archives)


La ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Lindiwe Sisulu, le 1er mars 2016 au Cap en Afrique du Sud

"Notre position sur le conflit a été très clairement exprimée par le parti au pouvoir"

La ministre sud-africaine des Relations internationales Lindiwe Sisulu a déclaré que la décision de ne pas remplacer l'ambassadeur Sisa Ngombane faisait "partie du processus de rétrogradation", dans un discours publié sur le site du Département des relations internationales et de la coopération (Dirco).

En 2018, le gouvernement sud-africain a pris la décision de rétrograder son ambassade israélienne en un bureau de liaison, conformément à une résolution prise par le Congrès national africain (ANC) lors de sa conférence de 2017.

Ngombane a été rappelé à Pretoria en mai 2018, à la suite du décés d'émeutiers palestiniens dans le cadre des manifestations de la Marche du retour.

Dans son allocution devant l'Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA) mercredi, Sisulu a expliqué les conséquences de la dégradation de l'ambassade d'Afrique du Sud en Israël.

"Notre bureau de liaison à Tel-Aviv n'aura pas de mandat politique, commercial et de coopération au développement. Il ne sera pas responsable des activités commerciales. Le bureau de liaison se concentrera sur les relations consulaires et la relations entre les gens," a précisé la ministre.

Sisulu a affirmé que le parti au pouvoir avait clairement exprimé sa position sur Israël, ainsi que par des déclarations publiques.

"Préoccupations graves"

Sisulu a également évoqué la "grave préoccupation du ministère" au sujet du "mépris persistant du processus de paix au Moyen-Orient en vigueur et des tentatives de résoudre un statut final, en ce qui concerne les frontières et le statut de Jérusalem par des actions unilatérales".

"La situation entre Israël et la Palestine est l'une des questions les plus anciennes à l'ordre du jour du Conseil de sécurité. C'est l'une des seules questions sur lesquelles le Conseil se réunit tous les mois depuis plusieurs années. Cependant, le Conseil n'a pris que très peu de mesures, voire aucune, à cause du veto américain," a-t-elle poursuivi.

Sisulu estime que ces résolutions exigent qu'"Israël se retire des territoires qu'il occupait en 1967, en échange de la paix globale et de la reconnaissance de ses voisins arabes."

Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas encore réagi aux déclarations.

Des responsables de la communauté juive avaient qualifié la décision du gouvernement de retirer l’ambassadeur de "scandaleuse et qui témoigne d’un double standard grossier à l’encontre de l’Etat juif".

"En retirant son ambassadeur, l’Afrique du Sud s’ôte la possibilité de jouer un rôle significatif dans l’élaboration d’une solution nécessaire à ce conflit," pouvait-on lire sur le communiqué.

En 2012, l'ANC avait décidé de boycotter Israël, mais l'initiative n'avait jamais été mise en œuvre par le gouvernement sud-africain.

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