mercredi 10 avril 2019

Israël-Netanyahu sur la voie d'un cinquième mandat

Par Jeffrey Heller et Maayan Lubell 

JERUSALEM, 10 avril (Reuters) 

(Actualisé avec officialisation des résultats partiels) 

- Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu semble assuré d'obtenir un cinquième mandat, malgré les résultats serrés des élections législatives de mardi, qui donnent le Likoud, sa formation, au coude-à-coude avec l'alliance centriste Bleu et blanc de Benny Gantz. Après dépouillement de 97% des bulletins, aucun parti n'atteignait la majorité absolue à la Knesset, mais la droite et l'extrême droite obtiendraient 65 des 120 sièges parlementaires. Le Likoud et Bleu et blanc étaient crédités de 35 sièges chacun. Les chiffres définitifs sont attendus vendredi. C'est une "victoire colossale", s'est félicité Benjamin Netanyahu, s'adressant à ses partisans rassemblés au siège de Likoud. Le scrutin faisait figure de référendum sur la personnalité et le bilan du Premier ministre, qui est sous le coup de plusieurs enquêtes pour corruption, dans la mesure où son programme diffère peu de celui de Benny Gantz sur des questions telles que l'Iran et les relations avec les Palestiniens. Benjamin Netanyahu, qui est âgé de 69 ans, devrait établir un nouveau record de longévité à la tête du gouvernement israélien. Il a déjà entamé des discussions en vue de la reconduction d'une coalition proche de la sortante, avec des formations ultra-nationalistes et juives orthodoxes. Au pouvoir depuis 2009, le Premier ministre, qui fait l'objet de trois enquêtes pour corruption, se bat pour sa survie politique. Il nie toute malversation et se dit victime de la partialité des médias. "NON À LA PAIX" Un peu plus tôt dans la soirée, Benny Gantz, qui est âgé de 59 ans, avait lui aussi crié victoire sur la foi de sondages réalisés à la sortie des urnes. La coalition Blanc et Bleu obtiendrait 35 sièges "Nous sommes les vainqueurs", a déclaré l'ancien chef d'état-major de l'armée, qui se présentait pour la première fois à un scrutin. "Nous tenons à remercier Benjamin Netanyahu pour les services qu'il a rendus à la nation", a-t-il ajouté. Les résultats partiels, annoncés au fil de la nuit de mardi à mercredi, ont par la suite été plus favorables à son adversaire. Lors de la campagne, les deux favoris se sont mutuellement accusés de corruption, d'encourager l'intolérance religieuse, voire de pactiser avec les adversaires d'Israël. Deux semaines avant les élections, Benjamin Netanyahu s'est affiché aux côtés de Donald Trump, qui a reconnu en sa présence la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan syrien, dont Tsahal s'est emparé lors de la guerre des Six Jour, en 1967, et qu'Israël a annexé unilatéralement en 1981. Pendant la campagne, le chef du gouvernement a par ailleurs promis d'annexer les colonies juives de Cisjordanie. "Les Israéliens ont voté pour le statu quo. Ils ont dit non à la paix et oui à l'occupation", a commenté le négociateur palestinien Saëb Erekat. Le processus de paix est au point mort depuis 2014. L'administration Trump a promis de dévoiler un plan de relance des discussions après les élections. S'il invite l'Etat hébreu à faire des concessions, les partis d'extrême droite avec lesquels Netanyahu va sans doute continuer à gouverner s'y opposeront probablement. (avec Rahaf Ruby, Stephen Farrell, Dan Williams, Ron Bousso et Rawan Sheikh Ahmad à Haïfa; Guy Kerivel, Eric Faye, Jean Terzian et Jean-Philippe Lefief pour le service français)


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