dimanche 31 mars 2019

Mogherini : « L’UE ne reconnaît pas la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan »


TUNIS, 30 mars (Rédaction TAP) - 

« L'Union européenne (UE) ne reconnaît pas la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan occupé, a souligné la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, dans une déclaration exclusive à l’agence TAP.

L'UE et ses Etats membres, a-t-elle ajouté, ont exprimé leur position de concert et de façon unie, conformément au droit international et aux résolutions 242 et 497 du Conseil de sécurité des Nations unies.

S’agissant de la vision de l’UE pour aider à résoudre le conflit israélo-palestinien et arabe, elle a affirmé que « l’amélioration des relations entre le monde arabe et Israël serait un soulagement pour l'ensemble de la région».

La haute représentante de l'UE a ajouté que « pour parvenir à la normalisation complète des relations, la position européenne a toujours défendu la solution à deux États d'Israël et de Palestine, suivant le chemin tracé en 2002 par l'Initiative de paix arabe. La paix arabo-israélienne ne pourra se faire que sur la base de la réconciliation durable entre Israéliens et Palestiniens et d'une volonté de vivre ensemble pacifique entre musulmans, juifs et chrétiens. Notre position repose non pas sur des théories, mais sur une évaluation réaliste et une connaissance approfondie de la situation sur le terrain ». « La pertinence des événements en Terre Sainte est fondamentale pour des millions de musulmans, de juifs et de chrétiens. Les tensions autour des lieux saints suscitent régulièrement des tensions dans le reste de la région », a souligné la haute représentante de l’UE, déplorant que «vingt-cinq ans après les accords d'Oslo, la solution à deux États n'a toujours pas abouti. Bien au contraire, la perspective que les deux États puissent vivre un jour en paix, côte à côte, s'amenuise toujours davantage et semble également s'estomper dans les cœurs et les esprits des Israéliens et des Palestiniens.» « Et pourtant, la solution à deux États reste la seule option viable, la plus juste et la plus réaliste. Certains pensent qu'il est temps d'abandonner la perspective à deux États et d'explorer d'autres possibilités. Les Européens, quant à eux, ont toujours défendu la même position et continueront de le faire à l'avenir. Nous pensons que l'abandon de la solution à deux États entraînerait encore davantage d'instabilité et de chaos en Terre sainte et dans tout le Moyen-Orient », a tenu à dire Mogherini. Concernant la migration irrégulière vers l’Europe, la haute représentante de l’UE a considéré que « dans le débat public, la migration est trop souvent associée aux mots "crise" ou "menace", alors qu'il s'agit simplement d'un fait historique. »

Elle a rappelé que la migration a toujours existé, à toutes les époques, partout, et c'est normal dit-elle. « Pensez à nos cultures, à nos langues, à notre nourriture, à nos arts, à nos architectures, à notre littérature. La mobilité humaine a contribué à créer et créera encore d’immenses possibilités culturelles et de croissance économique » a-t-elle souligné. Elle a affirmé qu’ «Ensemble, il faut faire passer le message que la migration peut être gérée de manière humaine, durable et positive. L'approche européenne repose sur des partenariats et des dialogues avec les pays tiers d’origine et de transit, sur une coopération étroite avec les organisations internationales et la mobilisation de tous les outils et ressources à notre disposition ».

Mogherini a ajouté que « c’est la raison pour laquelle nous travaillons et continuerons de travailler sur tous les fronts avec les pays d'origine, de transit et de destination, avec l'ONU et l'Union Africaine, et pas seulement sur les aspects sécuritaires ». L'Union européenne poursuit une approche globale de la migration dont la priorité est de sauver des vies, de lutter contre les réseaux des trafiquants et les causes profondes de la migration irrégulière, a dit la cheffe de l’UE. Evoquant les perspectives de développement de la coopération entre l'Europe et le Monde arabe, la haute représentante de l’UE a déclaré que « les enjeux de paix, de sécurité et de croissance économique dans notre région commune sont interdépendants. Nous partageons la même géographie et la même histoire, les mêmes défis mais aussi les mêmes opportunités. Nous sommes à la croisée des chemins entre davantage d'instabilité et de souffrance d'un côté, et le chemin difficile qui mène à la paix et à la réconciliation de l'autre. »

Elle a affirmé que ‘’La confrontation ne peut qu'engendrer une polarisation accrue, davantage d'instabilités et de nouvelles escalades de violence. La coopération est la base d’un avenir meilleur, et notre partenariat et notre amitié de longue date jouent ici un rôle majeur. La paix est dans notre intérêt à tous. »

Mogherini a rappelé que c’est la troisième fois qu’elle participe au sommet de la Ligue Arabe. « En février dernier, nous avons organisé pour la première fois un sommet entre l’UE et la Ligue Arabe, montrant ainsi clairement notre volonté commune d'ouvrir un nouveau chapitre dans notre coopération ».

Elle a précisé que « les Européens et les Arabes ont convenu de l'urgence de relever ensemble les défis communs - sécurité régionale, terrorisme, changement climatique, migration, croissance durable, création d'emplois et d'investissements».

« Il est également crucial de discuter ensemble de la question des droits de l'homme. Ce qui permet de rendre nos sociétés plus fortes et tolérantes, c'est d'assurer que les droits civils, les droits sociaux et les libertés individuelles soient pleinement et durablement respectés», a noté Mogherini. Malgré certains désaccords qui peuvent surgir entre les deux organisations et parfois au sein même de nos organisations, sur quelques questions spécifiques, « nous partageons les mêmes intérêts à rétablir la stabilité dans notre région commune et c'est pourquoi nous soutenons ensemble les initiatives de l'ONU dans les crises régionales, en particulier au Yémen, en Syrie et en Libye, et sommes résolument engagés en faveur de la paix entre Israël et la Palestine », a affirmé la haute représentant de l’UE. Et de conclure « La coopération entre l’Europe et le monde arabe n’a jamais été aussi importante et, à mon sens, aussi nécessaire ».

INTER/AIS

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