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dimanche 31 décembre 2017

La loi dite « des recommandations » a été votée à la Knesset

Le projet de loi qui vise à empêcher la police de recommander, à l’issue d’une enquête judiciaire, la mise en examen de responsables politiques a été adopté définitivement à l’issue d’un débat qui a duré cinquante huit heures par 59 voix contre 54 sur 120. Cette loi, qui pour ses opposants, limite les pouvoirs de la police dans les affaires de corruption présumée, ne passe pas non plus auprès de l’opinion publique israélienne, d’autant qu’elle a été soutenue par Benjamin Netanyahou, lui même soupçonné dans plusieurs affaires.

David Amsalem, membre de la Knesset lors d’un vote en session plénière
 au parlement israélien votant sur le «projet de loi sur les recommandations» , 
le 27 décembre 2017. Photo de Hadas Parush / Flash9

Des milliers d’Israéliens défilent tous les samedis soirs depuis quatre semaines dans le centre de Tel Aviv et dans une moindre mesure dans d’autres villes israéliennes pour exiger des poursuites judiciaires et la démission des « corrompus » au sein du gouvernement. Ces derniers mois, le Premier ministre a été interrogé sept fois par des policiers dans le cadre d’enquêtes sur des soupçons de corruption et un de ses proches, le député du Likoud, David Bitan, a lui aussi été interrogé à plusieurs reprises depuis le début du mois par la police et a même été contraint de quitter son poste de chef de la coalition. Les opposants à la loi accusent celle-ci de protéger Netanyahou et ses sbires contre les recommandations de la police dans les enquêtes en cours et selon l’initiateur du projet de loi, David Amsaem, cette loi ne vise qu’à protéger les droits et la réputation des suspects car toujours selon Amsalem, une fois les recommandations de la police divulguées aux médias, celles-ci causent des dommages irréparables à la réputation des suspects et n’aboutissent que rarement à une mise en accusation des procureurs.

Hier soir, avant le vote de la Knesset, le député Yair Lapid, a déclaré que son parti (Yesh Atid) ferait appel à la Cour suprême si le projet de loi était adopté. En réponse, la ministre de la Justice Ayelet Shaked (Habait Ayeoudi) l’a accusé de déshonorer la Knesset. Aujourdhui Lapid a déclaré : « Si nous gagnons les prochaines élections, nous annulerons la loi sur les recommandations, la loi sur les primaires, la loi sur les trains et la loi sur les supermarchés parce que toutes ces lois sont antidémocratiques, tordues et humilient l’État d’Israël ».

La députée Karine Elharrar a déclaré jeudi que la loi sur les recommandations « est l’une des lois les plus corrompues de la coalition, une loi née du péché, une loi destinée uniquement à protéger le Premier ministre et ses proches des enquêtes……une loi dont le seul but est d’intimider la police et le bureau du procureur, une loi qui porte atteinte à la confiance du public dans ses élus, une loi qui discrimine les citoyens et qui sape l’égalité devant la justice ».

Avi Gabbay, le chef du « Camps Sioniste » a tweeté : « Le 27 décembre est une journée noire dans les annales de la lutte contre le crime et la corruption….si nous gagnons les prochaines élections, nous annulerons la loi sur les recommandations. »

Tel-Avivre

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