mercredi 29 novembre 2017

Forum de la mémoire : « Palestine, terre d’endurance »



Décrétée en 1977 par les Nations unies, la journée internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien (29 novembre) est l'occasion, pour le Forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’Association Machaal Echahid, de dénoncer les crimes commis contre ce peuple, et le silence de la communauté internationale devant l’arrogance d’Israël, et de rappeler la grande importance qu’ accorde l’Algérie à la question palestinienne, érigée en priorité de sa politique étrangère.

La journée internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien est célébrée tous les ans par l’Organisation des Nations Unies le 29 novembre, comme le prévoient les résolutions 32/40 B du 2 décembre 1977, 34/65 D du 12 décembre 1979, 60/37 du 1er décembre 2005 et d’autres résolutions pertinentes. Cette date a été retenue en raison de sa signification particulière pour le peuple palestinien.
Ce jour-là en effet, l’Assemblée générale a adopté, en 1947, la résolution 181 (II), connue par la suite sous le nom de « résolution sur le plan de partage », qui prévoyait la création en Palestine d’un « État juif » et d’un « État arabe », Jérusalem étant placée sous un régime international spécial. Au siège de l’Organisation des Nations Unies, à New York, le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien et l'Assemblée générale se réunissent le 29 novembre de chaque année en séance extraordinaire pour célébrer la Journée. Mais en fait, cette journée doit être surtout une occasion pour attirer l’attention de la communauté internationale sur le fait que la question de Palestine n’est toujours pas réglée et que le peuple palestinien reste privé des droits inaliénables que lui a reconnus l’Assemblée générale, à savoir le droit à l’autodétermination sans ingérence extérieure, le droit à l’indépendance et à la souveraineté nationales et le droit de retourner dans ses foyers et de récupérer ses biens. Le Forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’Association Machaal Echahid, a marqué cette date en organisant une conférence en présence de l’ambassadeur de l’Etat de Palestine, des représentants du ministère de la Solidarité nationale, des députés, des moudjahidine, ainsi que des représentants des organisations populaires, à l’image de l’UNFA, de l’UNPA et des SMA. Cette rencontre hautement symbolique a été marquée par des interventions reflétant la position constante de l’Algérie envers la cause palestinienne. Par ailleurs, tous les intervenants ont salué la réconciliation interpalestinienne. Aussi, Abdelhamid Si Affif, président de la commission des affaires étrangères de l’APN, a souligné que la question palestinienne ne relève pas seulement de la décolonisation, mais c’est une question de principe, c’est pourquoi, il faut faire entendre toutes les voix solidaires avec ce peuple opprimé, pour crier haut et fort son droit à l’édification d’un Etat avec pour capitale El Qods. Pour sa part, la Secrétaire Générale de l’Union Nationale des Femmes Algériennes (UNFA), Nouria Hafsi, a mis en avant tous les sacrifices de la femme palestinienne, comme elle a appelé la société civile à revoir sa façon d’exprimer sa solidarité. Pour le SG de l’Organisation des Enfants de Moudjahidine, Khaled Mbarak, si Israël a été « planté » au cœur du monde arabe, c’est dans un objectif bien précis. Le but étant d’installer un Etat hégémonique. De son côté, le commandant des Scouts Musulmans Algériens (SMA), a réitéré le sentiment de tous les Algériens, celui de considérer la cause palestinienne, comme la sienne. L’intervention du moudjahid Mohamed Seghir a été riche en révélations.
Les premiers contingents d’Algériens, menés par Sidi Boumediène à Béjaïa, sont partis prêter main forte à Salah Eddine El-Ayoubi, lors de la bataille du 4 juillet 1196 entre Musulmans et Chrétiens, qui s’est soldée par une victoire éclatante en faveur des Musulmans. Ils étaient les premiers à répondre à l’appel de Salah Eddine. Aujourd’hui, la porte par où ils sont entrés est baptisé au nom des Maghrébins. Mais en fait elle devrait porte le nom la porte des Algériens. Après la 3e Croisade dirigée par Richard Cœur de Lion, Sidi Boumediène est revenu, manchot, à Béjaïa. Et le sang des Algériens a coulé sur la terre palestinienne, c’est Alger qui a vu la signature de la naissance, ou plutôt la renaissance de l’Etat de Palestine. Mohamed Tahar Abdeslam a vécu ce moment historique. Pour lui, cela a la même symbolique que le 1er Novembre 1954. Hadj Mahrez, a rappelé, pour sa part la position constante de l’Algérie, et son intérêt pour cette question qui figure en priorité dans sa politique étrangère.
Le moudjahid Lakhdar Bouragraa a évoqué de son côté, ces moudjahidine qui avaient combattu, en 1948, aux côtés de leurs frères palestiniens. «A l’époque, au maquis de la Wilaya IV, nous ne savions même pas où se trouvait la Palestine. Et voilà, qu’en ce mois de juin, Larbi Ben Mhidi nous présentent, trois hommes, l’un originaire de Sidi Aich, l’autre de Médéa et le troisième de Blida. Les trois avaient participé à la guerre israélo-arabe, de 1948.» Le journaliste Mahmoud Boussoussa, lui, a préféré, parler de cette rencontre, en 1985, avec le général Giap. La discussion avait porté sur les mouvements de libération. Le général avait dit alors que ce qui a été pris par la force, ne peut être repris que par la force. La Révolution palestinienne doit prendre comme modèles, les révolutions vietnamienne et algérienne. Pour l’ambassadeur de l’Etat de Palestine, Aissa Louaï, la continuation de l’occupation est un déshonneur pour la communauté internationale. Le diplomate est revenu sur cette déclaration de Balfour, et les accords secrets de Sykes-Picot qui ont écrit les premiers actes de la tragédie palestinienne.
Nora Chergui

Aucun commentaire: