vendredi 11 août 2017

Souhaid appelle à lever les obstacles au pèlerinage à Jérusalem

L’ancien député Farès Souhaid chez le métropolite Élias Audi. Photo ANI


L'ancien député Farès Souhaid a présenté hier, lors d'une visite au métropolite de Beyrouth, Élias Audi, une initiative visant à rendre possible le pèlerinage religieux à Jérusalem.

Lancée par le Rassemblement de Saydet el-Jabal (chrétien souverainiste), que M. Souhaid préside, et l'ONG palestinienne Tatwir, cette initiative est présentée comme étant « un premier pas pour la promotion de la paix culturelle dans le Moyen-Orient ».
« Le 11 juin dernier, le Rassemblement de Saydet el-Jabal et Tatwir, qui travaille pour le dialogue libano-palestinien, ont organisé un séminaire pour appeler à lever les obstacles pesant sur le pèlerinage chrétien et musulman à Jérusalem », a déclaré Farès Souhaid à L'Orient-Le Jour. « Nous avons voulu connaître l'avis de Mgr Audi concernant ce projet et discuter de la possibilité de coopérer avec des associations arabes qui travaillent dans la même ligne », a ajouté M. Souhaid, qui était accompagné de deux membres du Rassemblement de Saydet el-Jabal.
Une délégation de Saydet el-Jabal s'était rendue la semaine dernière chez l'archevêque maronite de Beyrouth, Boulos Matar, et compte bientôt se réunir avec des dignitaires musulmans pour leur parler du projet en détail.
« Notre initiative s'appuie sur la visite du pape François et du patriarche maronite, Béchara Raï, à Jérusalem en 2014, ainsi que sur trois textes fondamentaux. Le premier est une déclaration de Paul VI en 1967, lors de la guerre de Six-Jours, pour demander la neutralité de Jérusalem. Le deuxième est une exhortation de Benoît XVI, lors de sa visite à Beyrouth, en 2012, pour lever les obstacles au pèlerinage à Jérusalem. Le troisième est un texte de la Ligue arabe publié en mars 2017 et qui demande le parrainage de Jérusalem par des capitales arabes », a souligné l'ancien député.
« Nous demandons que Jérusalem soit une ville ouverte aux chrétiens et aux musulmans. Il s'agit d'une initiative culturo-socio-politique qui va dans le sens de la paix, à l'heure où on voit la montée de la folie communautaire et la radicalisation des sociétés arabes et musulmanes. Nous demandons que ce soit un premier pas de paix culturelle au Moyen-Orient. Les croisés sont entrés à Jérusalem par la violence, nous voulons y entrer avec un rameau d'olivier », a-t-il ajouté.

Aux décideurs politiques de faciliter les choses
Concernant l'aspect pratique du pèlerinage à Jérusalem, qui implique une modification des règles en vigueur interdisant l'entrée des ressortissants libanais sur un territoire contrôlé par Israël, Farès Souhaid souligne que Saydet el-Jabal ne fait que « présenter une initiative ». « Ce n'est pas à nous de lever les obstacles face à l'entrée à Jérusalem, c'est aux décideurs politiques de le faire », a-t-il dit. Il a rappelé par ailleurs que les religieux libanais bénéficient d'une dérogation spéciale des autorités libanaises leur permettant d'entrer à Jérusalem en passant par la Cisjordanie.
« Avant 1967, il y avait quatre vols par semaine de la compagnie aérienne Middle East Airlines à Jérusalem », a rappelé M. Souhaid, qui révèle l'existence, aujourd'hui, d'un tourisme religieux des Palestiniens chrétiens au Liban. Ces derniers feraient régulièrement des pèlerinages à Harissa ou au sanctuaire de saint-Charbel, à Annaya. « Pourquoi le cheikh d'al-Azhar ou le pape ne viennent-ils pas passer chacun un mois par an à Jérusalem pour encourager le pèlerinage dans la Ville sainte ? » a-t-il suggéré.

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