dimanche 6 août 2017

La police recommanderait l’inculpation de Netanyahu dans 2 affaires

Avec des dossiers renforcés par son nouveau témoin, un proche du Premier ministre, la police ferait pression pour une mise en examen

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence
 de presse avec son homologue géorgien, dans ses bureaux de
 Jérusalem, le 24 juillet 2017. (Crédit : Jack Guez/Pool/AFP)


La police israélienne devrait recommander la mise en examen du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans deux affaires de corruption à son encontre, après la signature d’un accord avec un proche du Premier ministre, qui fait de lui un témoin de l’accusation.

Les médias ont annoncé vendredi que la police allait recommander d’inculper Netanyahu dans deux affaires, l’Affaire 1000 et l’Affaire 2000, alors que les enquêtes semblent renforcer les « informations significatives » fournies par l’ancien directeur de cabinet de Netanyahu, Ari Harow.


Une recommandation de la police n’a pas de poids judiciaire officiel. Elle est destinée au procureur, qui décidera ou non de poursuivre les suspects.

Selon un communiqué publié vendredi par la police israélienne, Harow devrait être condamné à six mois de travaux d’intérêts généraux et à 700 000 shekels d’amende pour des faits d’abus de confiance, en échange de son témoignage contre Netanyahu.

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu et son épouse sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illégaux de la part de milliardaires, notamment des centaines de milliers de shekels de cigares et de champagne offerts par Arnon Milchan, producteur hollywoodien né en Israël.

Le propriétaire de Yedioth Ahronoth, Arnon ‘Noni’ Moses,
 à Tel Aviv, le 26 mars 2014. (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

L’Affaire 2000 porte sur un accord de contrepartie présumé entre Netanyahu et le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, dans lequel le Premier ministre aurait entravé un quotidien rival, Israël Hayom, qui appartient à Sheldon Adelson, en faisant adopter une loi par la Knesset, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth.

Harow devrait fournir des informations pour ces deux enquêtes, ayant été le directeur de cabinet de Netanyahu pendant le moment de l’accord présumé avec Moses, et quand le Premier ministre aurait reçu les cadeaux valant des milliers de shekels.

La Deuxième chaîne a annoncé vendredi que Harow avait été envoyé par Netanyahu pour finaliser l’accord avec Moses, ce qui lui a donné accès, et à la police avec lui, à des informations de premier plan sur l’accord présumé. Harow aurait donné à la police les détails des négociations entre Netanyahu et Moses, renforçant encore le dossier après la découverte des enregistrements de leurs rencontres fin 2014 et début 2015 sur l’ordinateur de Harow. La découverte avait eu lieu dans le cadre d’une autre enquête contre Harow, soupçonné d’avoir utilisé ses relations avec Netanyahu pour promouvoir son entreprise privée.

Cette enquête avait été lancée mi-2015. La police avait recommandé la mise en examen de Harow pour corruption et abus de confiance, mais le procureur général ne l’a pas encore inculpé.

Harow devrait également fournir des informations sur la méthode des dons de cadeaux à la famille Netanyahu par Milchan, et ce qu’en savait le Premier ministre. Netanyahu est le suspect principal de cette affaire. Lui et son épouse ont démenti toute malversation.

Dans une courte vidéo publiée vendredi soir, peu avant l’entrée de Shabbat, Netanyahu a affirmé que les enquêtes à son encontre n’étaient que du « bruit de fond », et qu’il continuait à travailler au service des citoyens israéliens. La vidéo a été publiée quelques heures après l’annonce de l’accord signé par Harow pour devenir témoin de l’accusation.

Ari Harow, ancien chef de cabinet du Premier ministre Benjamin 
Netanyahu pendant une réunion du Likud à la Knesset,
 le 24 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Pendant un entretien accordé vendredi à la Deuxième chaîne, le député du Likud David Bitan, président de la coalition et proche de Netanyahu, a déclaré qu’il était « déplaisant » que quelqu’un comme Harow, qui a travaillé étroitement avec le Premier ministre, puisse maintenant témoigner contre lui, mais il a affirmé que Netanyahu pouvait « le gérer ».

Bitan a également mis en garde les ministres du Likud qui n’ont pas soutenu publiquement Netanyahu, affirmant que le parti « règlerait ses comptes » avec eux aux primaires.

Un autre député du Likud, Amir Ohana, a dit à la Dixième chaîne que l’on ne pouvait pas faire confiance à Harow à cause de ses propres malversations présumées. Il a également critiqué l’accord entre Harow et la police, indiquant qu’il était un signe que la police n’avait « aucune preuve » contre Netanyahu.

Ancienne conseillère de Netanyahu, Odelia Karmon a dit à la Deuxième chaîne que Harow était évidemment « quelqu’un dans la confidence » en ce qui concerne les rouages des affaires de Netanyahu. Elle a ajouté que Netanyahu « perdait le sommeil » après ces derniers développements.

Le président de la coalition David Bitan, à gauche, avec 
le ministre des Transports Yisrael Katz, pendant une réunion
 de commission à la Knesset, le 23 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Deuxième chaîne a également annoncé que plusieurs responsables du Likud discutaient des plans de secours en cas de démission ou d’inculpation de Netanyahu, et que les présidents des autres partis de la coalition ne souhaitent pas que le gouvernement soit dissous tant que l’on ne connait pas précisément les conclusions des enquêtes de la police.

La police a dit explicitement jeudi pour la première fois que les affaires impliquant Netanyahu portaient sur des faits de « corruption, fraude, et abus de confiance ». La police n’a cependant pas indiqué que le Premier ministre était soupçonné de ces crimes.

Netanyahu a toujours démenti toute malversation.


Aucun commentaire: