mardi 8 août 2017

La Nakba se poursuit : Un tribunal de Haïfa déchoit le Palestinien Alaa Zayoud de sa citoyenneté israélienne

Alaa Zayoud (Photo : www.arab48.com)


Ce dimanche 6 août, un tribunal israélien de Haïfa a déchu de sa citoyenneté le citoyen palestinien d’Israël Alaa Zayoud, 23 ans, natif d’Umm al-Fahm. Zayoud est né d’une mère également citoyenne palestinienne d’Israël ; il n’a pas d’autre nationalité et l’effet de cet arrêt du tribunal est d’en faire un apatride.

Il purge actuellement une peine de 25 ans dans les prisons israéliennes ; il a été accusé d’avoir heurté avec sa voiture deux soldats israéliens près de Hadera er d’en avoir poignardé deux autres. Sawsan Zaher, d’Adalah, fait partie de l’équipe juridique s’opposant à la confiscation de la nationalité de Zayoud. Maan News rapporte les propos de Zaher : « Les Israéliens juifs ont également commis des actes similaires. Mais personne n’exige qu’ils soient déchus de leur nationalité. Cette décision établit un précédent : Désormais, les tribunaux (israéliens) peuvent déchoir de sa nationalité tout Arabe commettant un acte délictueux. » Le retrait de nationalité est censé prendre effet en octobre.

Cette action a été initiée par le ministre sioniste de l’Intérieur Aryeh Deri (ultra-droite), sur base de « manquement au devoir de loyauté » envers l’État. Zaher a confié à Maan News que la dernière fois qu’une telle action avait été envisagée remontait à 1995, lorsque l’Israélien juif de droite Yigal Amir avait assassiné le Premier ministre Yitzhak Rabin. La Cour suprême avait tranché contre ce genre de mesure, à l’époque. Zahar a encore fait remarquer qu’Adalah poursuivrait le combat juridique à tous les niveaux et que la décision du tribunal consistant à faire de Zayoud un apatride constituait une violation manifeste du droit international.

Cette mesure contre Zayoud s’inscrit dans un processus de plus de 70 ans comprenant la loi martiale d’abord et, ensuite, une discrimination raciste et une oppression systématiques à l’encontre des Palestiniens restés sur leur terre après la Nakba de 1948, au cours de la laquelle plus de 700 000 Palestiniens avaient été rendus apatrides par les forces sionistes qui les avaient chassés de leurs terres et foyers. Aujourd’hui, des millions de réfugiés palestiniens continuent à se voir refuser leur droit au retour chez eux, à l’intérieur de la Palestine. Cela fait également partie d’une politique systématique d’exclusion et d’expulsion des Palestiniens par le biais de la confiscation des terres, de l’isolement et du retrait par l’État israélienoccupant de la carte d’identité et de la domiciliation à Jérusalem.

Publié le 6/8/2017 sur Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network
Traduction : JM Flémal

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