lundi 24 juillet 2017

Tensions au Proche-Orient : "La chose la plus importante est la défense de la mosquée Al-Aqsa"

Alors que la communauté internationale tente d’enrayer la nouvelle escalade de la violence au Proche-Orient, les Palestiniens se mobilisent autour de la défense de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.

Les forces de sécurité israéliennes encadrent des prières de nuit, organisées
 en signe de protestation par les musulmans palestiniens devant l'entrée principale
 de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 23 juillet 2017. (AHMAD GHARABLI / AFP)


La désescalade semble compliquée à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée. La crise autour de l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem, a fait huit morts dans les deux camps en quatre jours. Cette crise fait suite à l'attaque à l'arme à feu qui a coûté la vie à deux policiers israéliens, le 14 juillet, puis à l’installation, deux jours plus tard par Israël, de détecteurs de métaux à l’entrée de l’esplanade des Mosquées.

La défense de ce site ultra-sensible, troisième lieu saint de l'islam abritant la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher, est une cause unificatrice pour les Palestiniens. Son pouvoir dépasse celui de la cause nationaliste.

A Jérusalem, la mosquée Al-Aqsa est une cause unificatrice pour les Palestiniens : le reportage d'Etienne Monin

Dans le quartier d'Al-Tur, dans la partie annexée de Jérusalem, la famille Abu Ghana affiche une forme de fierté : le jeune fils, Mohamed, est mort vendredi 21 juillet dans des heurts avec l’armée. Son nom est désormais associé à la mosquée Al-Aqsa. "Il a été tué au nom d'Al-Aqsa. Et la chose la plus importante, c'est la défense d'Al-Aqsa", répète sa grand-mère, Fayza, assise sur les traditionnelles chaises en plastique, au pied de la grande maison familiale.

Ici, Al-Aqsa a un pouvoir fédérateur. Omran Abu Ghana va prier tous les jours dans la rue, déterminé à "résister" avec les autres. "C'est quelque chose qui unit les Palestiniens, affirme-t-il. Ça rassemble les partis comme le Hamas et le Fatah, tous les gens de Jérusalem et tous les gens de Palestine. Aujourd'hui, on est très uni."

Les "sentinelles" d'Al-Aqsa

Dans le quartier, beaucoup se définissent maintenant comme des "mourabitoun", les "sentinelles" d’Al-Aqsa, dont l’organisation, accusée d’appeler à la violence, a été interdite par les Israéliens il y a deux ans. Jaodat indique faire partie des supporters d'Al-Aqsa. Ce travailleur du bâtiment explique qu'il a arrêté de travailler pour les Israéliens. Aujourd'hui, pour lui, la défense du lieu saint est plus mobilisatrice que la cause palestinienne.

À chaque fois que vous aurez un problème avec la mosquée Al-Aqsa ou le dôme du Rocher, tous les Palestiniens ne feront plus qu'un.
Joaodat, habitant de Al-Tur à franceinfo

"C'est la chose la plus importante pour nous dans le pays, assure Jaodat. Il y a plein de gens qui se sont mis à prier, il y a des gens qui sont venus alors qu'ils ne venaient jamais à Al-Aqsa. Notre religion est plus importante que notre terre. La terre, on est de passage dessus alors que Dieu nous a fait pour la religion." Jaodat raconte qu’il apporte des bouteilles d’eau aux fidèles et qu’il encourage à la prière dans la rue.

L'ONU et les États-Unis tentent de jouer les pompiers au Proche-Orient pour enrayer l’escalade de la violence. Jason Greenblatt, l’envoyé spécial du président américain pour le processus de paix, était attendu à Jérusalem lundi, jour du conseil à huis clos de l'Organisation des nations unies. De son côté, l'Organisation de la coopération islamique a annoncé la tenue d'une réunion ministérielle de ses 57 membres, le 1er août à Istanbul, pour débattre de cette crise.


Etienne Monin





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