dimanche 30 juillet 2017

Les soldats de l’armée perquisitionnent les bureaux des médias palestiniens à Ramallah

Les troupes ont saisi des documents et des outils «d’incitation à la haine» à Palmedia, selon l’armée. L’AP condamne l’opération

Des soldats israéliens à Ramallah, le 25 juillet 2017.
 Illustration (Crédit : Flash 90)


Les soldats de Tsahal ont fait une descente samedi dans les bureaux d’un groupe de médias palestiniens dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, saisissant du matériel et des documents.

Le groupe Palmedia, dont le quartier général est visé par ce raid, est en effet soupçonné d’incitation au terrorisme durant ses programmes et autres contenus d’information, selon l’armée israélienne.


L’agence de presse palestinienne Wafa a signalé que plusieurs bureaux travaillant avec Palmedia, dont une société de production qui fournit des services de radiodiffusion à d’autres médias, ont également été perquisitionnés par les forces israéliennes.

Wafa a déclaré que les bureaux ont été « saccagés », causant des dommages certains à leurs propriétaires.

Il a également été signalé que les résidents ont lancé des pierres aux soldats lorsqu’ils ont quitté le périmètre.

L’agence de presse palestinienne Maan a déclaré qu’au moins 10 véhicules de Tsahal avaient entouré le quartier général de Ramallah avant la raid, selon des témoins.

Un porte-parole de l’armée a déclaré à Maan que les soldats « avaient saisi le matériel avec lequel travaillaient les médias ainsi que des documents utilisés pour incitation au terrorisme » dans les bureaux, ajoutant que ce raid faisait partie des « efforts continus contre l’incitation au terrorisme ».

Le ministère palestinien de l’Information a condamné le raid, en déclarant qu’il « prouvait l’intention d’Israël d’empêcher les gardiens de la vérité de faire leur travail journalistique, national et éthique, et de diffuser le message de liberté souhaitée par notre peuple ».

Israël a longtemps accusé l’Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas d’incitation à la haine envers Israël, par le biais de programmes éducatifs et des médias, et a blâmé l’incitation palestinienne aux violences au cours de ces dernières années.

Le raid est intervenu un jour après que les tensions entourant le mont du Temple à Jérusalem semblaient s’être atténuées, après deux semaines d’affrontements et de violences provoquées par l’installation de mesures de sécurité aux entrées du site. Des mesures prises suite à l’attaque terroriste du 14 juillet où des terroristes avaient abattu deux policiers israéliens, utilisant des armes qu’ils avaient introduits clandestinement.

Les équipements de sécurité ont déchaîné la colère les Palestiniens qui ont ensuite provoqué des émeutes presque quotidiennes dans et autour de Jérusalem-Est ainsi qu’en Cisjordanie, boycottant le site sacré et priant en signe de protestation dans les rues entourant le périmètre.

Sous la forte pression de la Jordanie, qui administre le site – le troisième le plus saint de l’islam – Israël a retiré les mesures de sécurité jeudi et les fidèles sont revenus sur le site. Les prières du vendredi à la mosquée d’Al-Aqsa au mont du Temple, qui abrite également le Dôme du Rocher, se sont achevées dans le calme.

Le mont du Temple est le site le plus saint du judaïsme et est vénéré pour être l’emplacement des temples bibliques détruits.

Aucun commentaire: