jeudi 27 juillet 2017

Jérusalem-Est : l’échec des “calculs politiques” de l’État hébreu

Les Palestiniens célèbrent la levée des mesures de sécurité israéliennes,
 le 27 juillet 2017, à Jérusalem. PHOTO / MUAMMAR AWAD / REUTERS.

Les autorités israéliennes ont démonté les installations sécuritaires contrôlant l’accès à l’esplanade des Mosquées. Une décision salutaire pour désamorcer les violences dans l’immédiat, mais les craintes palestiniennes concernant la souveraineté sur Jérusalem demeurent.

“Afin d’endiguer la vague de violence et prévenir une nouvelle ‘journée de colère’ d’ores et déjà annoncée pour vendredi par l’Autorité palestinienne, Israël a procédé au démantèlement des portiques détecteurs de métaux récemment installés [le 16 juillet] sur l’esplanade des Mosquées [le mont du Temple pour les juifs]. Une décision qui a poussé les fidèles à envahir les rues dans la soirée du mercredi 26 juillet, et à distribuer des friandises, affichant ainsi symboliquement un signe de victoire”, relate le quotidien israélien Yediot Ahoronot.

Après cette annonce, le Waqf – fondation jordanienne qui administre les lieux saints musulmans à Jérusalem – a appelé les fidèles musulmans à revenir prier sur l’esplanade des Mosquées dès vendredi. Depuis le 16 juillet, en signe de protestation, la prière se faisait aux alentours, notamment dans la vieille ville de Jérusalem.

Affrontements quasi quotidiens

Yediot Ahorinot rappelle que l’installation de ces portiques aux entrées de l’esplanade des Mosquées a été décidée après le meurtre perpétré par des Arabes israéliens, sur place, de deux policiers israéliens le 14 juillet. Une décision qui a provoqué une escalade des tensions entre les forces de sécurité israéliennes et les Palestiniens, donnant lieu à des affrontements quasi quotidiens faisant des victimes des deux côtés : cinq Palestiniens ont trouvé la mort et trois Israéliens ont été tués par un Palestinien dans une colonie israélienne en Cisjordanie occupée.

Et le 23 juillet c’est à Amman, la capitale jordanienne, qu’un incident survenu entre un agent de la sécurité de l’ambassade d’Israël et un menuisier jordanien s’est soldé par la mort de deux Jordaniens, menaçant les relations entre l’État hébreu et le royaume hachémite.

Mainmise sécuritaire

“Israël a également supprimé l’échafaudage destiné à l’installation de caméras de surveillance”, précise Yediot Ahoronot qui relève que “tout au long de cette crise, l’Autorité palestinienne et l’institution du Waqf ont estimé que pour désamorcer les tensions, il revenait à Israël de revenir sur les décisions prises après l’attaque terroriste du 14 juillet.”

Côté palestinien, les nouvelles mesures prises par Israël laissaient craindre une mainmise sécuritaire “qui serait une étape vers l’instauration d’une souveraineté israélienne sur le site dans le cadre d’un plan dont l’exécution se ferait en plusieurs étapes successives”, souligne Al-Ayyam dans un éditorial.

L’attaque du 14 juillet “était ainsi pour Israël une occasion à ne pas manquer” pour avancer dans son plan. Toutefois, poursuit le quotidien palestinien, “Israël s’est trompé, encore une fois, dans son appréciation de la situation et dans sa perception de l’évolution de la situation des Palestiniens.”

Dans un autre éditorial, Al-Ayyam, relève sur un ton ironique que “la décision d’installer des moyens de surveillance basés sur des technologies avancées s’accorde avec le fait que l’État hébreu est désormais connu pour être ‘le pays high-tech’. Mais cette décision a été prise par des instances politiques dans le cadre d’un calcul politique et non pas sur une recommandation des services de sécurité israélienne qui avaient émis des doutes sur leur efficacité.”

Et finalement, “les faits sont là pour montrer que la supériorité de la force militaire et la suprématie technologique ne suffisent pas quand il y a une faille au niveau de la stratégie politique. Une stratégie basée sur la judaïsation et la colonisation accélérées des territoires palestiniens en général et de Jérusalem en particulier.”

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