mercredi 26 juillet 2017

Erdogan: J'exhorte les Musulmans à se rendre à al-Quds pour protéger al-Aqsa

"Il est temps de nous débarrasser de ce mensonge que l'on nous a enseigné dans les ouvrages scolaires pendant des années et qui affirme que les Arabes nous ont poignardé dans le dos", a notamment déclaré le président Erdogan


Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a une nouvelle fois très sévèrement dénoncé les restrictions et la violence israéliennes faites autour de l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Le chef de l’Etat turc s’exprimait, mardi, lors de la réunion de groupe de son parti, le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), au Parlement turc à Ankara.

Il est d’abord longuement revenu sur la situation en Palestine et dans le monde musulman.

"Si aujourd'hui Israël se cache derrière des prétextes pour entrer avec ses bottes dans le jardin d'Al-Aqsa et y verser le sang des Musulmans, c'est parce que nous ne soutenons pas assez al-Quds (Jérusalem)", a-t-il déclaré.

"Nous reconnaissons Israël et sa capitale Tel Aviv. Mais Israël n’a de sens qu’à travers le respect de la Palestine et des droits des Palestiniens. Si Israël ne fait pas preuve de plus de respect en particulier envers la Mosquée al-Aqsa et l’Esplanade des Mosquées, zone ayant un statut spécifique dans chacune des trois grandes religions, alors Israël en sortira grand perdant", a-t-il poursuivi.

Selon Erdogan, les restrictions et les difficultés imposées par l’état hébreu aux musulmans qui veulent accéder à ces lieux sacrés sont "les gouttes d’eau qui font déborder le vase".

"Israel se trompe en pensant que les armes en sa disposition lui permettront de faire ce que bon lui semble. Pour les Musulmans, la défense d’Al-Aqsa n’est pas une question de moyens mais de foi. J’invite tous les Musulmans à se rendre à Jérusalem à chaque fois que cela est possible. Ceux qui ne peuvent le faire, peuvent venir en aide à nos frères palestiniens dans la difficulté", a-t-il encore déclaré.

Mais le président turc a également averti ceux qui seraient tentés de répondre aux actes d’Israël en s’en prenant à la communauté juive.

"Nous, nous ne répondrons pas par les mêmes actes. Il n’est pas acceptable que des synagogues ou autres lieux de culte juifs soient pris pour cible en prétextant ce qui se passe à Al-Aqsa", a-t-il prévenu.

Pour le président turc, les pays musulmans doivent désormais s'unir et agir ensemble pour faire face aux différents défis qui se présentent à eux et éliminer les menaces qui les visent, tels que le terrorisme ou la division.

Il a notamment argumenté son propos en donnant l’exemple de la crise entre le Qatar et ses voisins du Golfe.

Erdogan en a profité pour dénoncer une ancienne « idée » qui persiste dans la société turque : la prétendue trahison des Arabes envers l’Empire ottoman.

"Il est temps de nous débarrasser de ce mensonge que l'on nous a enseigné dans les ouvrages scolaires pendant des années et qui affirme que "les Arabes nous ont poignardés dans le dos", a-t-il dit.

Le chef de l’Etat s’est ensuite exprimé sur d’autres sujets brûlants de l’actualité turque et internationale.

Il est revenu sur les tensions avec l’Allemagne et a une nouvelle fois dénoncé l'attitude de Berlin.

"Tu n'autorises pas les discours du président et des ministres turcs sur ton territoire, mais tes agents doivent pouvoir agir en toute impunité en Turquie afin de morceler notre pays, surement pas ! Soit tu agis dans le respect de notre souveraineté et de manière juste et égale, ou bien tu seras confrontée à nos réponses face à ton manque de respect", a-t-il lancé.

Erdogan a insisté sur la détermination de la Turquie à lutter contre le terrorisme et ses soutiens.

Il a également critiqué les politiques poursuivies par d’autres pays alliés et amis, tels que les Etats-Unis ou encore les Pays-Bas.

"Les Occidentaux veulent que la Turquie fasse tout ce qu’ils désirent. Ils veulent que l’on sacrifie nos propres intérêts nationaux pour leurs intérêts à eux. Ils veulent que l’on ferme les yeux face à leurs injustices et que l’on se taise quand ils s’en prennent à nos citoyens. Et en même temps, ils veulent que l’on laisse faire leurs agents dans notre pays. Il faut qu’ils comprennent une chose : cette Turquie-là elle n’existe plus", a-t-il insisté.

"Ceux qui sont responsables des plus terribles massacres de l’Histoire lors des 1ère et 2ème Guerres mondiales, ceux qui saisissent chaque occasion pour faire couler le sang en Irak, en Syrie, en Libye ou en Afrique, n’ont certainement pas de leçons à donner à la Turquie", a-t-il encore ajouté.

Le président Erdogan a souhaité terminer son intervention en revenant sur le soutien apporté par les Etats-Unis à l'organisation terroriste PYD/YPG en Syrie.

"Regardez-moi ça, ils leurs disent de ne plus utiliser le sigle YPG car c'est celui d'une organisation terroriste, ils leurs disent d'utiliser FDS (Forces Démocratiques Syriennes). Mais ils peuvent tout tenter, rien ne pourra cacher la vérité", a-t-il dénoncé.

AA

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