dimanche 30 juillet 2017

Comac demande à Reynders d’intervenir en faveur de la libération de Khalida Jarrar

Les jeunes de Comac, le mouvement étudiant du PTB, sont rentrés avant-hier d’un voyage de solidarité en Palestine. Pendant deux semaines, un groupe de treize étudiants se sont initiés à la vie quotidienne des Palestiniens en Israël et en Cisjordanie.

Ils ont également rencontré la fille de la députée palestinienne Khalida Jarraremprisonnée depuis le 2 Juillet dans une prison israélienne. « L’histoire de Jarrar est celle de milliers de prisonniers politiques palestiniens et leurs familles », a déclaré le vice-président de Comac Olivier Goessens qui a accompagné le voyage.

Comac a demandé au ministre des Affaires étrangères Didier Reyndersd’admonester le gouvernement d’Israël. « Nous demandons au gouvernement belge de faire pression sur Israël pour sa libération
immédiate et pour mettre fin à tous les partenariats belges avec l’armée israélienne et les prisons. »

Au cours de notre voyage, nous avons eu la chance de rencontrer Suha à Ramallah, la fille de Khalida Jarrar. Elle était encore impressionnée par la brutalité avec laquelle sa mère avait été tirée de son lit en pleine nuit par des soldats israéliens.

Sa mère, qui depuis 2006 a été élue au Conseil législatif palestinien, représentant de la Palestine au sein du Conseil de l’Europe, a déjà été précédemment emprisonnée en raison de son activisme pour les droits de l’homme et son travail politique. En 2015, elle a été arrêtée par l’armée israélienne après avoir joué un rôle clé dans la reconnaissance de la Palestine à la Cour pénale internationale, qui pourrait poursuivre Israël pour ses nombreuses violations du droit international. Le journal israélien Haaretz a appelé le procès « une perversion kafkaïenne du droit militaire » et après une campagne de soutien international, Jarrar avait été libérée en 2016. « Nous espérons qu’il y aura à nouveau une pression internationale pour sa libération », a déclaré Goessens.

« Suha a souligné la peur et l’incertitude que la famille connaît aujourd’hui encore, celles de milliers de familles palestiniennes », poursuit Goessens. Selon l’ONG Addameer il y a actuellement au moins 6.200 prisonniers palestiniens détenus dans une cellule israélienne. Parmi ceux-ci, au moins 300 de moins de dix-huit ans, beaucoup d’entre eux ont à peine 13 ou 14 ans.

Les circonstances dans lesquelles ces prisonniers politiques sont incarcérés et les interrogatoires inhumains utilisés par l’armée israélienne et la police sont, selon Amnesty International des techniques de torture psychologique et physique. Au printemps dernier 1700 prisonniers palestiniens ont poursuivi une grève de la faim pendant 40 jours contre les mauvais traitements infligés lors des transports en prison et le déni des besoins de base, tels que des visites familiales régulières.

« Comac demande la libération de Khalida Jarrar suivant le respect de ses droits, mais aussi comme une première étape symbolique pour mettre fin aux emprisonnements politiques dans les prisons israéliennes » explique Goessens.

« Nous attendons du gouvernement belge qu’il ne se contente pas d’observer passivement comment des parlementaires et des militants des droits humains sont tout simplement enfermés. Nous avons envoyé une demande au Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders pour faire pression sur Israël pour la libération immédiate de Khalida Jarrar. En outre, nous lui demandons de mettre fin à tous les partenariats belges avec l’armée israélienne et les prisons. Ainsi, le gouvernement belge, en accord avec la KULeuven est impliqué dans le projet LAW-TRAIN qui enquête sur les techniques d’interrogatoire en collaboration avec la police israélienne. Il n’est pas acceptable qu’il soutienne les tortures, les mauvais traitements et l’enfermement de prisonniers politiques par Israël, et de surcroît qu’il importe ces pratiques en Belgique ! » conclut Goessens.

Publié le 28 juillet 2017 sur Comac sous le titre : De jeunes belges de Comac après une rencontre avec la fille de Khalida Jarrar, députée du parlement palestinien, emprisonnée. « Le ministre Reynders ne peut pas se contenter de regarder »

Traduction : Mireille Péromet.

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