mardi 31 mai 2016

Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération N°11 - Juin 2016


« Ce que nous avons donné jusque là est minime, en tant que sacrifice pour la Palestine. Au jour de la Résurrection, nous devrons payer pour le sang et le martyre moins cher que pour l’humiliation et le mépris. » (Sheikh Khodr Adnane, en réponse à la menace d’exécution des prisonniers, lancée par le sioniste Liberman).

« Admire la beauté du ciel et des étoiles. Imagine-toi que tu te trouves sur la plage de Yafa. » (le martyr Iyad Sajdieh, quelques minutes avant son martyre, dans le camp de Qalandia)
A l’approche du mois de Ramadan, les occupants sionistes craignent l’intensification de l’Intifada al-Quds. Des déclarations de leurs dirigeants et des analyses de leur presse mettent en garde contre la recrudescence des opérations de la résistance à l’occupation, au cours de ce mois. Même si les opérations individuelles ou les manifestations collectives contre l’occupation ont baissé en intensité au cours de ces derniers mois, rien ne permet d’affirmer que l’Intifada a cessé, puisque ses causes sont toujours présentes. Mais la répression sauvage, les exécutions sommaires, les arrestations, les barrages, les menaces contre la résistance à Gaza, sans compter la participation de l’Autorité palestinienne à l’étouffement de l’Intifada, tout cela concourt à un recul momentané des opérations et des manifestations.

Craignant que l’Intifada se développe, notamment à cause de l’intensification de la colonisation, de la judaïsation galopante de la ville d’al-Quds et des menaces qui pèsent sur la résistance à Gaza, des parties internationales et arabes se sont données la main pour présenter des initiatives de règlement du conflit arabo-sioniste, rêvant toujours d’une région dominée par l’entité coloniale pouvant s’allier à des Arabes « modérés » et faire des affaires avec eux. C’est le sens des récentes initiatives de règlement présentées par Paris d’une part et par le régime saoudien, d’autre part. Quant à l’initiative du régime égyptien, elle concerne surtout la mise en place d’une équipe palestinienne unifiée pour participer à des conférences et des pourparlers futurs, avec la bénédiction de l’anglais Tony Blair. Il semble bien que les initiatives ignorent les droits des Palestiniens, la France reculant chaque fois que Netanyhau aboit, de telle sorte que son initiative balaie d’un coup le droit des réfugiés palestiniens à retourner à leur terre et leurs propriétés, et réclame la reconnaissance par l’Autorité palestinienne de la « judéité » de l’entité coloniale, tout en entérinant la présence coloniale dans al-Quds et la Cisjordanie, en acceptant un « échange de terres » (échange de terres palestiniennes occupées en 48 contre des terres palestiniennes occupées en 67).
De leur côté, les régimes saoudien, émirati et jordanien préparent l’après Mahmoud Abbas, en poussant leur poulain Mohammad Dahlan, récemment mis en cause pour ses trafics concernant la vente de terrain maqdissis aux sionistes, par le biais d’une compagnie émiratie. Si ces derniers sont impliqués dans ce trafic visant la vie des Palestiniens dans leur ville et capitale, le régime saoudien s’apprête, lui, à normaliser ses relations avec l’entité coloniale, publiquement, et non plus secrètement, au moment où Netanyahu nomme Liberman au ministère de la guerre. Côté régime turc, les pourpalers pour normaliser les relations avec l’entité sioniste et revenir à l’avant-Marmara se heurtent à la condition posée par le régime turc concernant le blocus contre la bande de Gaza. C’est pourquoi la résistance palestinienne appelle à l’unité des forces palestiniennes, à l’arrêt de la coordination sécuritaire avec l’occupant, car seule l’unité des Palestiniens et l’intensification de l’Intifada al-Quds sont capables de freiner les plans de liquidation de la cause palestinienne en cours, et de ramener les peuples arabes autour de la Palestine et d’al-Quds. La Nakba se poursuit, comme l’a récemment affirmé le représentant au Liban du Jihad Islamique en Palestine, et les scénarios qui ont vu la chute de la Palestine en 1948 sont en train de se répéter, avec la participation de la communauté internationale et de puissances européennes, et surtout de régimes arabes. La seule différence, et de taille, est que la résistance palestinienne s’est développée depuis, elle a mis en échec les sionistes plusieurs fois depuis l’an 2000, et que, sur le plan régional, elle est soutenue par la république islamique en Iran.

1 - Martyrs palestiniens tombés en mai 2016 :
214 – Ahmad Shehada (36 ans), Camp de Qalandia 3/5. 215 - Sawsan Mansour (17 ans), Biddu, Ramallah 23/5 -

2 - Scènes de l’Intifada al-Quds

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