lundi 30 mai 2016

Il faut se rendre en Palestine !

Une interview de Chloé Ifri

Info-Palestine a rencontré une jeune étudiante française en troisième et dernière année d’ergothérapie à la Haute École Condorcet de Tournai, en Belgique. Elle a bien voulu répondre à quelques questions que nous lui avons posées à son retour de Bethléem où elle a effectué un stage de trois semaines, avec trois autres stagiaires (deux filles et un garçon), à l’hôpital de Beit Jala.

Scène de rue à Hébron. Les filets en métal sont là pour protéger les habitants
 palestiniens des immondices lancés de plus haut par les colons juifs, qui
 empoisonnent littéralement la vie de la population - Photo : CI

Bonjour, pouvez-vous vous présenter et nous dire quelles études vous faites ?

Bonjour, je m’appelle Chloé Ifri et j’ai 22 ans. J’habite en Belgique et je suis en dernière année d’ergothérapie. C’est une profession qui permet de prévenir, réduire ou supprimer les situations de handicap en tenant compte des habitudes de vie des personnes ainsi que de leur environnement.
Notre objectif est de lutter contre les effets de la maladie ou de la situation du handicap afin de maintenir l’autonomie et l’indépendance du patient.

L’ergothérapeute peut créer des orthèses et conseiller des aides techniques afin de pallier les incapacités de la personne. Il intervient aussi dans l’aménagement du domicile suite à une maladie ou un accident.

Vous revenez d’un stage dans un hôpital de Bethléem. Pourquoi Bethléem ?

En troisième année nous avons la possibilité de faire un stage à l’étranger. Mon école a des conventions avec l’Espagne, le Maroc et la Palestine. J’avais donc le choix.

Je connais le Maroc et l’Espagne, mais la raison pour laquelle j’ai choisi la Palestine est que je voulais voir comment se débrouillent des gens qui ont peu de moyens, et aussi parce que j’ai grandi dans une famille de militants pour la cause palestinienne, et que je m’intéresse au conflit israélo-palestinien.

Les partenariats fonctionnent aussi dans l’autre sens, des infirmiers de l’hôpital de Beit Jala viennent se spécialiser en Belgique.

Comment s’y rend-on, les formalités ont-elles été faciles ?

A l’entrée en Israël, à l’aéroport de Tel Aviv, lors du contrôle des papiers on m’a juste demandé ce que je venais faire ici et j’ai répondu comme on nous l’avait préconisé que le but de notre voyage était un stage obligatoire à l’hôpital chrétien, et non pas palestinien, de Bethléem. Ils n’ont pas fait d’histoires.

Lors du voyage retour, j’ai été questionnée sur mon nom, qui est d’origine algérienne. Mon passeport est passé de mains en mains, le tout a duré environ une dizaine de minutes, mais au total nous avons été retenus trois heures et avons bien failli rater notre avion, parce qu’un membre du groupe avait un drapeau palestinien dans ses bagages.

Les bagages ont été fouillés de fond en comble, nos ordinateurs inspectés, nous-mêmes avons été fouillés au corps. L’une de mes copines qui avait franchi le contrôle des papiers mais sans être fouillée a été rappelée car « elle aurait pu avoir caché une bombe dans son petit foulard. »

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