dimanche 30 août 2015

Le Hamas appelle au boycott de la prochaine réunion du Conseil National Palestinien

Inviter le Conseil national palestinien du PNC pour une séance exceptionnelle est une question des plus controversées, après que 10 membres du Comité exécutif de l’OLP ont démissionné.


Le Dr. Mousa Abu Marzouk, membre du bureau politique du mouvement Hamas

Le débat porte ici est sur la légalité de cette session. Selon l’article 14/c des statuts de l’OLP, des séances exceptionnelles sont organisées pour compléter la composition des membres absents soit par décès ou par démission.

Toutefois, les membres du PNC ont ignoré la question de la réconciliation, les questions d’unité nationale, ainsi que la réunion du Caire en mars 2005, dans laquelle un comité de l’OLP avait été formé avec Abbas comme président. Ce comité devait être considéré comme le corps provisoire de direction dans les pourparlers de réconciliation en 2011, avec pour responsabilité de reconstituer le PNC, principalement par le biais des élections et par consensus national dans les secteurs où des élections ne peuvent pas être tenues.

Certains suggèrent que les appels à la prochaine session du PNC ont pour but de régler des comptes avec des adversaires d’Abbas, ceux qui s’opposent au président devant être punis. D’autres disent qu’il ne convient pas de dire cela à propos de dirigeants de premier plan et que la session doit répondre à l’impasse politique que vit le mouvement national palestinien.

Pourtant, la vérité est qu’il y a des opportunistes très égoïstes qui font pression pour qu’ait lieu une telle session du PNC. Ils veulent être sûrs de garder la main sur le PNC et d’y conserver les bons quotas. En conséquence, ils ont recommandé que le Hamas et le Jihad islamique ne soient pas invités à la session du PNC car ils sont inquiets de perdre leurs sièges - qu’ils estiment avoir gagné par le sang des martyrs, alors qu’ils ont toujours été absents du terrain.

Ils ne veulent pas organiser d’élections et ils ne veulent pas partager leurs sièges avec le Hamas et le Jihad islamique.

Malgré cela, le Conseil national et son président ne sont pas d’accord avec ce que le président croit devoir faire. Abu Al-Adeeb (le président du PNC) est soucieux de préserver la concorde interne, l’unité et la légitimité de l’organisation, et sa crainte est légitime à la lumière du sort infligé par Abbas à Dahlan, Fayyad, Marwan, Yasser Abed Rabbo, au Hamas et aux possibles alternatives.

Bien qu’une réunion se soit tenue en mars 2005 où nous avons déterminé la voie pour faire de l’OLP un cadre politique qui unisse tous les Palestiniens, avec des mécanismes décidés en 2011 permettant de surmonter la détestable scission, avec la décision de doter l’OLP d’une direction provisoire aux pouvoirs bien définis, cette initiative folle d’Abbas rabaisse l’OLP au niveau d’une organisation partisane alors que celle-ci devrait être une institution qui englobe et représente tous les Palestiniens.

Enfin, quel est le moyen de sortir ? Il est dans nos mains. Une réunion de la direction provisoire doit avoir lieu immédiatement afin de se pencher sérieusement sur la remise en place du Conseil national - y compris ses organes de direction et les institutions officielles - sur des bases démocratiques solides, en faisant en sorte que les gains soient politiques, psychologiques et moraux pour notre nationale projet de libération.

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