mercredi 30 janvier 2019

La démission du Premier ministre palestinien créé un flou politique

Le gouvernement palestinien a démissionné 
(photo : Gouvernement de Palestine)

AUTORITÉ PALESTINIENNE. Les déchirements internes entre Palestiniens ont connu, mardi 29 janvier 2019, un nouveau coup d'éclat avec la démission du Premier ministre, Rami Hamdallah, et de son gouvernement. Une démission acceptée par le président palestinien Mahmoud Abbas qui lui a demandé de continuer à gérer les affaires courantes jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet, selon l'agence officielle palestinienne Wafa.

Rami Hamdallah, également ministre de l'Intérieur, se trouvait en poste depuis 2013 et avait déjà remis la démission de son gouvernement en juin 2015, sans suite.

Dans les territoires palestiniens, la situation demeure compliquée entre une Autorité palestinienne - structure provisoire et préfiguration d'un Etat indépendant constitué de la bande de Gaza et la Cisjordanie - reconnue par la communauté internationale et incarnée par Mahmoud Abbas du parti laïc le Fatah et le mouvement islamiste Hamas. Le premier contrôle une partie de la Cisjordanie mitée par les colonies israéliennes, le second, depuis 2007, la bande de Gaza. Leur division se dresse comme un obstacle supplémentaire au règlement du conflit israélo-palestinien et renforce l'isolement de ce petit bout de terre à l'étroit entre l'Egypte et Israël, deux pays qui lui impose un blocus. Le gouvernement israélien considère le Hamas comme une organisation terroriste et a engagé trois guerres depuis 2008 contre lui. Un nouveau conflit a failli éclater en 2018 jusqu'à ce que le Hamas prenne l'initiative en novembre 2018 d'un cessez-le-feu avec Israël.



Une nouvelle coalition

Basé à Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement palestinien est pourtant supposé avoir autorité sur les deux territoires mais les dissensions entre les deux partis rendent impossibles toute unité. Et ce, malgré un accord historique de réconciliation paraphé en octobre 2017.

Dernier épisode en date, la fermeture, début janvier 2019, de l'unique point de passage entre Gaza et l'Egypte par l'Autorité palestinienne qui a demandé à ses fonctionnaires de quitter leur poste face aux manoeuvres d'intimidation du Hamas. En janvier 2018 pourtant, Mahmoud Abbas avait fait un geste pour tenter de normaliser les relations entre les frères ennemis en décidant de recommencer à payer les factures d'électricité pour Gaza.

La démission du Premier ministre vient jeter encore plus le trouble dans cette guerre larvée intestine.
Mahmoud Abbas va désormais tenter de former une nouvelle coalition. "Le président Abbas entamera des consultations en vue de former un gouvernement politique des factions de l'Organisation de Libération de la Palestine afin de préparer de nouvelles élections législatives", précise l'agence Wafa. Or, le Hamas n'appartient pas à l'OLP.

Rami Hamdallah se veut lui plus rassembleur. "Nous espérons que toutes les organisations palestiniennes participeront à ce (nouveau) gouvernement et j'appelle le Hamas à en faire partie", indique-t-il. "Sans consensus national, le gouvernement serait dépourvu de toute légitimité", souligne d'ailleurs Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.

Frédéric Dubessy

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