vendredi 11 janvier 2019

Israël poursuit la construction du mur frontalier, le Liban porte plainte devant l'ONU

Des voitures roulant du côté libanais du mur frontalier entre 
le Liban et Israël, le 19 décembre 2018. AFP / JACK GUEZ

Les agissements d'Israël "menacent la stabilité au Liban sud et dans la région", affirme le ministère libanais des Affaires étrangères.

Israël poursuivait vendredi la construction d'un mur frontalier avec le Liban, dans une zone litigieuse aux environs de la localité de Adaïssé, ce qui est considéré comme "une violation territoriale" par le Liban qui a chargé sa représentante permanente auprès de l'ONU de déposer une plainte devant le Conseil de sécurité.
Selon l'Agence nationale de l'Information (ANI, officielle), l'armée israélienne a, jusqu'à présent, posé six nouveaux blocs de béton le long de la frontière, au niveau du kibboutz de Misgav Am, face à Adaïssé, dans le caza de Marjeyoun. L'armée libanaise et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) restent mobilisées du côté libanais de la ligne de démarcation.

Jeudi, les forces armées israéliennes avaient repris l'installation de blocs de ciment à la frontière, alors qu'Israël mène depuis des semaines une opération pour détruire des tunnels transfrontaliers qui, selon lui, ont été creusés par le Hezbollah. L'armée israélienne affirme jusqu'à présent avoir détruit cinq de ces tunnels dans le cadre de l'opération "Bouclier du Nord" . Israël affirme que ces "tunnels d'attaque" sont un moyen pour les combattants du Hezbollah, soutenus par l'Iran, de s'infiltrer sur son territoire en cas de guerre.
Israël construit actuellement un mur à la frontière avec le Liban, affirmant vouloir éviter d'éventuelles tentatives d'infiltration du Hezbollah à l'intérieur de son territoire. L'objectif à terme est d'ériger ce mur le long des 130 kilomètres de frontière.


(Lire aussi : Les tunnels entre le Liban et Israël datent de plusieurs années, selon Abbas Ibrahim)

"Nouvelle attaque contre la souveraineté libanaise"
Jeudi soir, le Conseil supérieur de la Défense, réuni sous l'égide du chef de l’État, Michel Aoun, avait décidé de porter plainte contre Israël auprès de l'ONU contre la mise en place de ce mur.

Dans un communiqué publié vendredi, le ministère libanais des Affaires étrangères a "condamné la nouvelle attaque israélienne contre la souveraineté du Liban, au moyen de la construction d'un mur et de bâtiments en territoire libanais, sur différents points sur lesquels le Liban a des réserves de la Ligne bleue, près de la +colonie+ appelée Misgav Am".

La diplomatie libanaise a estimé qu'il est "nécessaire que le Conseil de sécurité de l'ONU se réunisse et que la communauté internationale agisse face à cette violation flagrante de la résolution onusienne 1701 comme elle l'a fait avec les plaintes présentées précédemment par l'ennemi israélien"."Le ministre Gebran Bassil a également donné ses instructions à la représentante permanente du Liban auprès de l'ONU, Amal Mudallali, afin qu'elle dépose une plainte devant le Conseil de sécurité concernant les violations terrestres du territoire libanais par Israël", ajoute le ministère des Affaires étrangères, qui souligne que ces violations "menacent la stabilité au Liban sud et dans la région".

Votée en août 2006, la 1701 a permis de mettre fin à la guerre de juillet 2006, la dernière grande confrontation en date entre le Hezbollah et Israël, qui avait fait 1.200 morts côté libanais, et 160 côté israélien, sans neutraliser le parti chiite. La 1701 stipule que le Liban doit étendre son autorité à l’ensemble de son territoire, conformément aux dispositions des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006) et de l’accord de Taëf. Le texte réaffirme le respect de la Ligne bleue et indique qu’aucune force armée, à part l’armée libanaise et la Finul, ne doit se trouver au sud de la rivière Litani.

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