vendredi 14 septembre 2018

Jérusalem: des Palestiniens interrompent une conférence sur les accords d’Oslo

Des manifestants ont envahi la salle de conférence, éparpillé des documents, cassé des lunettes, saisi un micro, et dénoncé la normalisation avec Israël

L'hôtel American Colony (Crédit photo : Magister/Wikipedia Commons)

Mercredi, des militants palestiniens ont interrompu par la force une conférence de Palestiniens et d’Israéliens réunis à Jérusalem-Est à l’occasion du 25e anniversaire des accords de paix d’Oslo.

Dix à douze hommes ont pris d’assaut la salle de I’hôtel American Colony où se tenait la conférence, selon les participants.

Ils se sont emparés du micro, ont jeté des documents, des bristols nominatifs et des lunettes sur la table des orateurs, brisant les lunettes et scandant en arabe : « Pas de normalisation », « Jérusalem est arabe et libre » et « Pas de coopération sécuritaire ».

Puis, en anglais, ils ont demandé à tout le monde de quitter la salle.

« C’était verbalement très intimidant , mais je n’ai pas eu l’impression qu’ils étaient là pour frapper qui que ce soit », a déclaré un participant au Times of Israel.

Les hommes, décrits comme étant âgés de 18 à 28 ans, ont commencé à crier avant d’entrer dans la pièce.


Gilad Sher, ancien chef de cabinet du Premier ministre Ehud Barak et négociateur principal dans plusieurs cycles de pourparlers israélo-palestiniens, venait de terminer son discours et Ziad Abu Ziad, ancien ministre de l’Autorité palestinienne, commençait le sien.

La police est arrivée après le départ du groupe et alors que la cinquantaine de participants à la conférence – parmi lesquels des diplomates et des journalistes étrangers – s’en allaient.

Dans son allocution, M. Sher a déploré ce qu’il a qualifié d’absence de leadership américain et a déclaré qu’un accord global avec les Palestiniens n’étant pas dans les tiroirs, une approche progressive était nécessaire pour restaurer la confiance.

Si le mantra des années 1990 était « rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu », le principe directeur d’aujourd’hui devrait être « tout ce qui est convenu est convenu », a-t-il dit.

Abou Ziad, qui a conseillé l’équipe de négociation palestinienne à Washington en 1992 et faisait partie de l’équipe qui a négocié l’accord du Caire de 1994 qui a ouvert la voie à la création de l’Autorité palestinienne, a accusé Israël de l’échec d’Oslo, disant que les dirigeants israéliens n’avaient jamais eu l’intention de créer un état palestinien.

Abu Ziad a co-fondé le Palestine-Israel Journal en 1994 avec Victor Cygielman, un Israélien. Le dernier numéro du magazine contient une série d’essais sur les accords d’Oslo.

Bill Clinton regarde Yitzhak Rabin et Yasser Arafat se serrer la main lors de la signature historique des accords d’Oslo, le 13 septembre 1993. Tout à droite, l’actuel dirigeant palestinien Mahmoud Abbas. (Crédit : GPO)

Le 13 septembre 1993, le Premier ministre Yitzhak Rabin, le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres et le dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine Yasser Arafat – qui sont tous morts depuis – se sont réunis à la Maison Blanche à Washington sous les auspices du président Bill Clinton pour signer le premier d’une série d’accords visant à créer une solution à deux États au conflit israélo-arabe dans les cinq années à venir.

La conférence de mercredi était parrainée par le Palestine-Israel Journal et la Fondation Freidrich Ebert.

Par SUE SURKES

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