mercredi 8 août 2018

Les deux jeunes frappés par Benalla n'ont pas caché leur identité, contrairement aux déclarations du préfet

Michel Delpuech avait déclaré sous serment qu'ils avaient "déclaré de fausses identités" lors de leur interpellation.

SONIA B. / TAHA BOUHAFS / LE HUFFPOST

Les deux jeunes frappés par Benalla n'ont pas caché leur identité
AFFAIRE BENALLA - Où est la vérité? C'est une question que l'on est en droit de se poser, alors que les récits contradictoires sur la manifestation du 1er mai s'accumulent dans l'affaire Benalla. Le Monde en fait une nouvelle démonstration ce mardi 7 août, en révélant que les deux jeunes frappés par Alexandre Benalla n'avaient pas cherché à dissimuler leur identité au moment de leur interpellation, contrairement aux déclarations du préfet de police devant la Commission de l'Assemblée nationale.

Le quotidien s'appuie sur des courriers communiqués par deux services de police au procureur de la République de Paris François Molins. D'après ces informations, la fiche rédigée par un policier après l'interpellation du jeune homme indique que ce dernier a décliné son identité dès son arrestation. Nom, prénom et date de naissance de ce jeune cuisinier né à Thessalonique, en Grèce, sont alors consignés à la main par le commissaire avec deux coquilles, corrigées le soir même.

La jeune femme, une jeune graphiste française elle aussi molestée par l'ancien collaborateur de l'Élysée identifié mi-juillet par Le Monde sur des vidéos amateurs, a quant à elle présenté ses papiers à Philippe Mizerski, le major en civil chargé d'encadrer Alexandre Benalla lors de son "observation" sur la place de la Contrescarpe le 1er mai. Philippe Mizerski rédige une fiche "entièrement renseignée", souligne Le Monde.

Pourtant, comme le rappelle le journal, le chef d'état-major à la préfecture de police, Laurent Simonin, avait envoyé un texto le soir même à Alexandre Benalla indiquant que le jeune homme avait "donné un nom bidon... celui d'un basketteur de Salonique". Devant la Commission des lois de l'Assemblée nationale, chargée d'auditionner les témoins de l'affaire, le préfet de police Michel Delpuech avait expliqué, sous serment, que les deux jeunes gens "n'avaient pas de papiers sur eux" et avaient "déclaré de fausses identités".


Des agissements jugés moins graves que ceux commis par les black blocs

Les documents dont Le Monde a eu connaissance indiquent par ailleurs que les deux jeunes n'avaient pas d'antécédents judiciaires et n'ont pas provoqué de violences "graves" et "répétées" contre les CRS le 1er mai même si tous deux ont jeté des objets sur les policiers comme le montre une vidéo dévoilée parLibération. Dans un courrier adressé fin juillet au procureur de la République, le directeur de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) précise toutefois que ces agissements n'ont pas valu aux deux trentenaires d'être déférés. D'après lui, "priorité [avait] été donnée aux individus suspectés d'avoir participé aux actions les plus violentes, porteurs d'armes, de vêtements noirs, foulards, accessoires de dissimulation, c'est-à-dire les potentiels membres des black blocs", ces groupes de casseurs présents par centaines ce jour-là et responsable de nombreuses dégradations dans la capitale.

"Les violences de la place de la Contrescarpe ne revêtaient pas la même intensité. De surcroît, [les deux jeunes gens] n'avaient aucun antécédent au TAJ", le fichier d'antécédents judiciaires de la police et de la gendarmerie, poursuit-il. Le couple a donc été libéré sans être poursuivi.

Le policier ayant rédigé la fiche d'interpellation du jeune homme précise que le CRS visé par un "jet de projectiles (deux bouteilles de bière)" de la part du jeune homme "ne dépose pas plainte".

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