lundi 6 août 2018

La « grande marche du retour » : vers la libération de la Palestine Chronique et analyses – 2 – Juillet 2018


Le 30 mars 2018, date anniversaire de la « Journée de la terre » (30/3/1976), la grande marche du retour est déclenchée dans la bande de Gaza, avec l’espoir qu’elle se propage dans tout le territoire palestinien et dans l’exil, notamment dans les pays limitrophes de la Palestine, où sont condensés les réfugiés palestiniens.

Plusieurs mois après, la « grande marche du retour » demeure un mouvement restreint à la bande de Gaza, après plusieurs tentatives de le propager dans les pays limitrophes (Jordanie, Liban, Syrie à moindre échelle) et surtout en Cisjordanie occupée, et même dans les territoires occupés en 48 (participation des réfugiés internes (ou « déplacés ») par des marches vers les villages démolis, comme cela se fait régulièrement tous les ans, à l’occasion de la commémoration de la Nakba. Plusieurs entraves locales, nationales et régionales, objectives et propres aux mouvements palestiniens, ont empêché la propagation de l’idée d’un soulèvement général réclamant le retour au pays.


Cependant, la grande marche du retour se poursuit, dans la bande de Gaza. Toutes les semaines, des milliers de Palestiniens s’approchent des barrages de séparation entre la bande de Gaza et l’entité sioniste pour affirmer la volonté de retourner au pays, selon un programme et des mots d’ordre précis définis par le « conseil national supérieur de la grande marche du retour » (CNSM), qui a affirmé, tout au long de cette période, que la grande marche ne cessera pas avant la réalisation de ses objectifs.
La situation humanitaire dans la bande de Gaza soumise au blocus sioniste (avec une large complaisance internationale) et aux sanctions de Mahmoud Abbas a été au cœur du déploiement diplomatique au cours de ces mois, ce qu’a réussi à susciter « la grande marche du retour ». L’occupant sioniste s’est senti piégé par « la marche du retour », car il n’a pas trouvé le moyen d’y faire face, qu’en tuant et en blessant des innocents, une fois de plus. Il a tenté de « militariser » les marches, en bombardant plusieurs fois les sites de la résistance palestinienne, pensant que cela arrêterait les marches.


Mais la résistance a riposté selon la formule annoncée : « bombardements contre bombardements », c’est-à-dire que les colonies situées aux abords de la bande de Gaza ont été bombardées avec maîtrise, pour éviter l’escalade. L’occupant ne souhaite pas lancer une grande guerre contre la résistance à Gaza, pour le moment, étant occupé à gérer le front nord, celui de la Syrie-Hezbollah-Iran. Il préfère instaurer une « trêve » mais selon ses désirs, c’est-à-dire relier tous les dossiers de Gaza en même temps : il propose des allègements du blocus et une « trêve » de quelques années (mais il n’a jamais respecté aucune trêve, jusque là), contre le retour de ses soldats capturés par la résistance, la fin de la grande marche du retour et des ballons incendiaires, ce que la résistance a refusé tout net, considérant que les informations sur les soldats capturés seront données contre la libération de tous les prisonniers qui avaient été libérés en 2011 et arrêtés de nouveau, et que la libération des soldats capturés se réalisera par un accord d’échanges contre des prisonniers palestiniens. Concernant la grande marche du retour, les organisations de la résistance refusent de la relier à un quelconque accord de « trêve » en contrepartie d’un allègement du blocus. La réponse de l’entité d’occupation a été de resserrer le blocus contre Gaza, en fermant la voie de passage de Karm abu Salem, presque entièrement devant les marchandises à destination de Gaza, et en réduisant l’espace marin pour les pêcheurs de 9 miles à 3, pensant que cela soumettrait la population à Gaza.


Mais la grande marche du retour se poursuit, car les organisateurs savent bien qu’elle peut empêcher la mise en place de plans sournois conçus par les Etats-Unis et l’entité sioniste pour liquider la cause palestinienne, et notamment le droit au retour des réfugiés à leur pays. Même en situation de désunion inter-palestinienne, la poursuite de la grande marche du retour porte l’espoir d’un soulèvement généralisé et met en difficulté l’entité d’occupation et tous ceux qui la soutiennent.


Chronique

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