mercredi 8 août 2018

Côtes d’Armor, réserve d’Israël « pour survivre »

CRÉDIT PHOTO FREDDY GUÉRIN - DIRECTVELO
Par NICOLAS MABYLE 

L’information a été officialisée ce mardi en fin de matinée : l’équipe Côtes d’Armor-Marie Morin-Véranda Rideau va devenir réserve de la formation Continental Pro Israël Cycling Academy dès la saison 2019. Comment ce lien s’est-il opéré entre les deux formations ? Pourquoi la structure israélienne, qui a participé au dernier Tour d’Italie, a-t-elle choisi de poser ses bases en Bretagne ? Quel apport pour le club de DN1 ? Des coureurs bretons rejoindront-ils l’équipe de deuxième division mondial dès 2019 ? Combien d’Israéliens vont s’installer en Côtes d’Armor ? Mickaël Leveau répond à toutes les interrogations de DirectVelo.

DirectVelo : Une équipe de DN1 réserve d’une Conti pro israélienne, ce n’est pas commun !
Mickaël Leveau : Je crois que c’est la première fois qu’un club français devient réserve d’une équipe étrangère. Sur le coup, ça peut sonner bizarre (sourires). Je sais que ça va interroger et interpeller les gens, forcément. Mais c’est vraiment une belle opportunité ! J’espère que ça va donner des idées aux autres. On voit par exemple que la Fortuneo n’a plus de réserve et n’en souhaite plus… Comment fait-on, nous, pour survivre ? C’est compliqué. Si nous ne sommes pas à un moment ou un autre réserve d’une équipe pro, ou que nous ne faisons pas non plus partie d’un pôle scolaire, on n’existera plus dans peu de temps. Il faut faire attention à l’avenir. C’est une envie et un projet que j’avais depuis pas mal de temps. On y réfléchissait.

Quand et comment les contacts avec Israël Cycling Academy sont-ils nés ?
C’est grâce à Lionel Marie, qui est directeur sportif là-bas. Leur équipe souhaitait avoir un camp de base en France. Enfin… Une équipe qui puisse former leurs jeunes coureurs et élargir leur calendrier de course. Lionel a pensé à nous et ça s’est fait comme ça. Nous travaillons sur le sujet depuis déjà six mois.

« NOUS DEVRIONS AVOIR TROIS ISRAELIENS DANS L’EQUIPE »

Quel est le projet avec l’équipe professionnelle Israël Cycling Academy ?
Ce sera tout d’abord pour nous l’occasion d’avoir un gros coup de main financier. Je pense notamment au matériel, aux stages. Dès cet hiver, nous roulerons avec le matériel d’Israël et il y en a facilement pour 60.000 euros. Et encore, en étant modeste (sourires). Ce n’est pas négligeable. L’idée est aussi de voir certains de nos coureurs partir en stage avec l’équipe professionnelle, et pourquoi pas passer pro là-bas à moyen terme. Enfin, nous avons signé une convention pour que plusieurs de leurs jeunes coureurs passent une saison avec nous. On va s’occuper de leurs coureurs, on va les former.

Cette équipe Continental Pro a déjà une réserve, la “Israël Cycling Academy U23”...
Ils ont un camp de base à Gérone, mais pas de réserve à proprement parler. Il y aura un lien réel entre nos deux structures, même s’ils n’auront pas l’obligation de prendre exclusivement des coureurs de chez nous non plus. Mais comme ça se fait en France dans la plupart des équipes : par exemple, AG2R La Mondiale ne prend pas que des coureurs du Chambéry CF en stagiaires, puisqu’ils ont choisi Geoffrey Bouchard récemment. Dans tous les cas, il y aura forcément pas mal “d’échanges”.

Combien de coureurs israéliens ou étrangers allez-vous accueillir en 2019 ?
Normalement, nous devrions en avoir trois dans l’équipe. Ce sera un travail de formation. Peut-être qu’il y aura aussi un quatrième coureur d’une autre nationalité, car même si l’équipe s’appelle “Israël”, ils ont énormément de pays représentés dans leur équipe.

« AUCUNE OBLIGATION »

As-tu une idée du niveau des coureurs israéliens qui rejoindront Côtes d’Armor-Marie Morin-Véranda Rideau ? Y’aura-t-il l’obligation de les aligner sur de grandes épreuves ?
Je ne m’attends pas à avoir des coureurs d’un très haut-niveau, mais nous serons là pour leur apporter un maximum de connaissances. Ils auront quand même un certain niveau, j’en ai parlé avec leur équipe et je leur fais confiance. Mais nous prendrons les coureurs qu’ils nous donneront, c’est tout. Nous nous occuperons d’eux du mieux possible. En terme de calendrier, je n’aurai aucune obligation. Nous ferons par niveau. S’ils doivent enchaîner les épreuves de catégorie 1.2.3, ils le feront. Je ne vais pas m’obliger à les mettre sur les manches de Coupe de France DN1 s’ils n’ont pas le niveau. Nous avons la chance d’avoir un calendrier assez large en Bretagne. De toute façon, c’est ce que nous avons déjà fait avec nos coureurs britanniques. Ce ne sera pas une découverte.

Les premières rencontres ont-elles eues lieu ?
Pas encore (sourires). Pour le moment, tout s’est fait par internet et notamment par Skype. Mais il est prévu que l’on se voit bientôt. Par la suite, les rencontres seront nombreuses, pour les staffs des deux équipes comme entre les coureurs.

Faut-il s’attendre à voir des coureurs de la DN1 passer pro chez Israël Cycling Academy dès cet hiver ?
Pas forcément dès cette année, mais c’est vrai qu’ils auront “l’exclusivité” pour prendre des coureurs de chez nous s’ils le souhaitent. Cela dit, si ils proposent des contrats à nos coureurs et que ces derniers préfèrent opter pour une autre formation, ils seront libres, bien entendu. La porte restera ouverte, mais ce sera quand même une belle opportunité pour chacun d’entre eux. Dès cet hiver en revanche, nous enverrons plusieurs coureurs de la DN1 en stage avec leur équipe pro, dans les stages en altitude notamment.

« UNIFORMISATION DES DEUX MAILLOTS »

Clément Carisey, du Team Pro Immo-Nicolas Roux, s’apprête à débuter son stage chez Israël Cycling Academy. Mais nous ne verrons pas non plus de Costarmoricain stagiaire cet été là-bas…
Alexis Renard aurait pu y aller. C’était prévu. Mais il a préféré décliner la proposition car il ne se sentait pas encore prêt pour cela. D’ailleurs, il a aussi refusé des propositions de la Fortuneo-Samsic et de la Groupama-FDJ. Ce sera peut-être bien pour l’année prochaine !

Faut-il s’attendre à d’autres évolutions au sein du club ?
Nous serons donc équipés de leur matériel et on va également assister à une refonte du maillot de l’équipe. D’ailleurs, leur maillot va également changer. En fait, il va y avoir une sorte d’uniformisation des deux maillots. On travaille actuellement là-dessus.

Et en terme de calendrier ?
Je ne souhaite pas d’évolutions dans un premier temps. Notre calendrier est déjà relativement étoffé et il le restera en 2019. Peut-être que nous rajouterons une épreuve de Classe 2 à notre calendrier, suivant les opportunités, mais il ne faudra pas s’attendre à de gros changements.

directvelo.com

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