lundi 9 juillet 2018

Qu’attend Israël pour punir la Turquie?



Israël a fait passer un message à la Turquie l’avertissant qu’en cas de nouvelles attaques verbales du président Recep Erdogan ou de l’un de ses ministres, Israël réagira fermement.

De quoi s’agit-il? Le conseil de la Sécurité nationale recueille depuis un moment des informations sur les agences turques qui agissent dans la partie orientale de Jérusalem avec l’accord du gouvernement israélien. Certaines d’entre elles ont noué des liens avec le Hamas et le Mouvement islamique arabe israélien. C’est le cas par exemple de l’organisation TIKA. Officiellement, cette organisation est le canal de l’aide turque internationale, mais à Jérusalem, elle suit un objectif particulier: renforcer la présence et le statut de la Turquie dans la capitale israélienne et sur le Mont du Temple en particulier, et donc saboter la souveraineté d’Israël sur cette zone.

Les enquêtes diligentées par le conseil de la Sécurité nationale ont aussi permis de découvrir que des employés de TIKA ont fourni des informations sensibles au Hamas.

Les mesures de rétorsion étudiées par le conseil ne sont d’ailleurs pas radicales. Il propose par exemple d’obliger TIKA a demander une autorisation officielle pour la tenue de chaque manifestation ou de limiter le champ d’action des employés de l’association. Le tout soumis à une autorisation du Premier ministre.

Une réunion doit avoir lieu cette semaine avec tous les intervenants sur la question..de savoir si ce plan de “représailles” est conforme aux normes juridiques israéliennes et internationales et s’il serait opérationnel en cas de décision politique.

Cela fait des années que la Turquie agit de manière significative pour prendre pied à Jérusalem et sur le Mont du Temple. Les millions de dollars affluent depuis Ankara vers des associations turques de bienfaisance qui ont pignon sure rue dans la capitale israélienne et qui apportent de l’aide sociale à de nombreuses familles. Le résultat escompté est là: les drapeaux turcs et les portraits d’Erdogan sont de plus en plus nombreux lors de manifestations arabes palestiniennes et même arabes israéliennes et comme le souhaite le président Recep Tayyip Erdogan, beaucoup d’Arabes palestiniens voient en lui un “sauveur” et le leader de leur cause.

Cette tentative de mainmise turque est si limpide qu’elle inquiète des pays arabes. L’Arabie saoudite, la Jordanie et même l’Autorité palestinienne se sont récemment adressés en urgence à Israël pour lui demander de faire quelque chose contre l’hégémonie turque à Jérusalem!

La question qui se pose maintenant est de savoir quelles sont les raisons qui font que le Premier ministre israélien n’ait toujours pas décidé de “moucher” la président turc et de réagir fermement envers la Turquie. N’y a-t-il pas déjà eu assez de raisons valables de le faire qu’il faille aujourd’hui menacer “en cas de….”? Et rien ne garantit qu’en cas de nouvelle éruption du volcan Erdogan, on ne trouve à Jérusalem des prétextes pour ne pas réagir avec la fermeté requise une fois pour toutes.

Celui qui a été le plus menaçant en Israël a été le ministre de l’Economie Elie Cohen (Koulanou). Avant le conseil des ministres de dimanche, il a réagi aux dernières déclarations du ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu qui conditionnait une normalisation des relations israélo-turques à un “arrêt du massacre de Palestiniens par Israël”. Le ministre de l’Economie a été ferme: “Il est grand temps de mettre fin à l’hypocrisie turque qui désire maintenir des liens économiques avec Israël tout en attaquant Israël sur le plan international. A la veille des élections, Recep Erdogan avait lancé des slogans creux en menaçant de porter atteinte aux relations économiques et commerciales entre nos deux pays. Mais il en est vite revenu au vu de la situation économique chancelante de son pays. Alors je lui dis: la normalisation des relations économiques entre Israël et la Turquie dépendra de l’arrêt de cette hypocrisie turque”.

Photo Flash 90

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