mercredi 11 juillet 2018

Gaza, la “plus grande prison à ciel ouvert du monde” transformée en gigantesque cellule d’isolement par l’occupant



Les deux millions de Palestiniens qui vivent dans la Bande de Gaza viennent d’être transférés de “la plus grande prison du monde” à “la plus grande cellule d’isolement du monde”, résume le quotidien israélien Haaretz après l’annonce de la décision du gouvernement israélien de fermer le point de passage de Kerem Shalom, le seul par lequel des marchandises peuvent être importées dans le territoire palestinien assiégé.


Dès aujourd’hui, seules les denrées alimentaires (pour la consommation humaine et animale), le carburant et les médicaments pourront encore franchir le poste de contrôle israélien (et non sans restrictions, puisqu’elles sont appliquées depuis 11 ans, l’occupant israélien s’étant arrogé le droit de fixer le régime alimentaire de la population gazaouite).




Il s’agit d’une punition collective de plus (en soi c’est un crime de guerre) imposée à la population palestinienne, en représailles contre l’utilisation par des manifestants palestiniens, à la limite entre la Bande de Gaza et le territoire israélien, de cerf-volants enflammés qui ont provoqué des incendies de cultures dans des localités du Néguev. Il s’agit là d’un des moyens artisanaux déployés par des civils vivant depuis onze ans sous un blocus illégal imposé par une une des plus puissantes armées du monde, après les massacres commis semaine après semaine par cette armée depuis la fin du mois de mars.





Un reportage de la chaine AlJazeera


Ce blocus renforcé, s’il se prolonge au-delà de quelques jours, aura des effets économiques dévastateurs pour la Bande de Gaza, où une énorme proportion de la population vit déjà dans la pauvreté et le dénuement, puisqu’il sera impossible d’importer des matières premières dont les entreprises ont besoin pour fonctionner, et qu’elles ne pourront pas davantage faire sortir leur production (ce qui était en tout état de cause déjà très difficile).


Aux yeux de l’éditorialiste de Haaretz, «sortir cette décision cruelle du sac d’astuces israélien pour mettre fin à la lutte contre [l’occupation] témoigne non seulement de la frustration du pays le plus puissant du Moyen-Orient face à l’échec de sa guerre contre les cerfs-volants incendiaires, mais surtout de son refus d’une solution dont même l’armée croyait auparavant qu’elle pourrait réduire les confrontations. Israël a adopté une tactique centrée sur un blocus hermétique de plusieurs années accompagné de frappes aériennes, dans le but de forcer le Hamas à arrêter les attaques contre Israël»

pourlapalestine.be

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