lundi 9 juillet 2018

70 bougies pour Israël: un anniversaire sanglant



L'auteur, Jean-Claude Landry, est président du Comité de solidarité Trois-Rivières. Il s’exprime ici au nom des membres du conseil d’administration de cet organisme.


Le 14 mai 1948 naissait l’État d’Israël sur les décombres d’une colonie britannique. Au lendemain d’une Seconde Guerre mondiale qui a durement éprouvé la population juive, la construction de cet État faisait écho à ce «plus jamais ça» dans l’air du temps, même si le mouvement sioniste existait déjà à la fin du XIXe. Plus jamais ça, alors?


Soixante-dix ans après sa création, Israël brasse encore le Moyen-Orient, et surtout le peuple palestinien. Les bases étaient bancales dès le départ: comme le résumera l’écrivain Arthur Koestler, «une nation (la Grande-Bretagne) a solennellement promis à une autre (les Juifs) le territoire d’une troisième (les Palestiniens)». Un plan de partage sera voté par l’ONU le 30 novembre 1947, émiettant la Palestine en trois secteurs et contre l’avis de la communauté arabe. Cinquante-six pour cent du territoire palestinien sera offert au futur État juif, laissant au peuple palestinien un territoire émietté et ses yeux pour pleurer.


La Palestine, pourtant première concernée n’a jamais été consultée pour cet accord, et Israël ne s’en est pour sa part jamais satisfait. L’invité, intrusif, grignote les territoires palestiniens, parfois subtilement, souvent au vu et au su de la communauté internationale, et toujours contre le droit international.


La majorité du peuple palestinien n’a désormais connu que l’exil et entendu de son pays natal que des histoires, parfois drôles, souvent tristes. Pourtant, jamais, en soixante-dix ans, ces hommes et ces femmes n’ont baissé les bras pour la restauration de ce que le droit international a pourtant depuis longtemps tranché et devrait imposer.


Les deux protagonistes ne jouent pas à armes égales, et le déséquilibre du conflit n’a d’égal que l’hypocrisie de la communauté internationale. Car après plus d’un demi-siècle de conflit meurtrier, le plus long de notre époque actuelle, qu’ont fait les diplomaties internationales, toujours promptes à prêcher la paix pour faire la guerre, pour sortir de cette impasse?


Alors que les Israéliens célébraient en grande pompe les 70 ans de leur pays tout neuf aux côtés des États-Unis venus inaugurer leur ambassade à Jérusalem, 59 Palestiniens et Palestiniennes ont perdu la vie, tandis que 2700 autres étaient blessés.


Cet anniversaire était ainsi à l’image des sept décennies d’existence d’Israël: au rythme des conflits et des injustices flagrantes en regard du droit international pour le peuple palestinien, qui subit toujours l’occupation militaire et la colonisation israélienne sur les miettes du territoire qu’il leur reste.


Pour le CS3R comme pour des milliers d’autres organisations à travers le monde, il n’est pas question de baisser les bras, et tant que cette injustice prévaudra, nous serons aux côtés du peuple palestinien.


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