mercredi 13 juin 2018

L’armée blanchit les soldats qui avaient tué par erreur un Palestinien en 2016

Les procureurs ont trouvé des "défaillances" mais pas de faits ; des soldats avaient identifié par erreur des ados qui revenaient d'une piscine comme étant des jeteurs de pierre


Une section de la Route 443. (Crédit : Gili Yaari / Flash90)


Les procureurs militaires ont annoncé lundi qu’ils ne lanceraient pas de poursuites pénales contre des soldats qui avaient tiré sur un adolescent palestinien, le touchant mortellement, et blessé plusieurs autres en 2016, dans ce que l’armée avait estimé être une erreur d’identification.

Dans la nuit du 20 au 21 juin 2016, les soldats israéliens avaient ouvert le feu sur une voiture remplie d’adolescents palestiniens alors qu’ils circulaient sur la Route 443, une autoroute majeure de Cisjordanie. Les soldats avaient commis une méprise, croyant qu’il s’agissait d’un groupe de jeunes palestiniens qui avaient précédemment jeté des parpaings sur les voitures et de l’huile sur la route, a indiqué l’armée.

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Mohammad Badran, 15 ans, avait été tué et quatre autres avaient été blessés, notamment deux frères de Badran.

Trois Israéliens avaient été blessés lorsque leur voiture avait essuyé des jets de pierre et des cocktails Molotov lors d’une attaque antérieure, avait fait savoir l’armée à l’époque. Plusieurs autres véhicules avaient également été endommagés.

« Alors que les soldats opéraient dans le cadre clair d’une opération qui était compliquée et intense, les défaillances professionnelles ne justifient pas une procédure judiciaire malgré l’issue tragique des événements », a noté l’armée dans un communiqué.

Les militaires ont estimé qu’il y avait eu un certain nombre de « défaillances professionnelles » dans la manière dont la fusillade s’était déroulée, mais que l’erreur d’identification avait été « sincère et raisonnable ».

La seule mesure disciplinaire a été prise contre le commandant de l’unité qui avait ouvert le feu, en lui refusant l’entrée dans les cours de commandement de compagnie et en lui faisant ultérieurement quitter la carrière militaire.




« Le commandant de l’unité a mal identifié la voiture… et les soldats ont ouvert le feu sur les roues du véhicule. Peu de temps après la fusillade, l’erreur s’est révélée et des soins médicaux ont été donnés aux blessés », a indiqué l’armée.

L’incident était survenu le long de l’autoroute, à proximité du village palestinien de Beit Ur al-Tahta, à l’ouest de Ramallah.

Les médias palestiniens avaient identifié Badran comme étant un résident du village de Kafr Qaddum, dans le nord de la Cisjordanie, à l’est de Qalqilya.

Les autres adolescents palestiniens qui avaient été blessés avaient été identifiés comme étant les frères de Badran, Amir, 16 ans, et Hadi, 17 ans, ainsi que Daoud Abu Hassan, 16 ans, et Majd Badran, 16 ans, un ressortissant qatari rendant visite à sa famille pour l’été en Cisjordanie.

Badran et les autres adolescents revenaient d’une piscine voisine où ils étaient allés nager après le jeûne du Ramadan quand leur voiture avait été prise pour cible, avait indiqué le chef du conseil palestinien local, Abd Qassem, à Reuters en 2016.

A ce moment-là, le secrétaire-général de l’OLP Saeb Erekat avait condamné « l’attaque brutale » israélienne, évoquant un « assassinat de sang-froid ».

Peu après l’incident, un porte-parole du ministère israélien de la Défense avait défendu l’usage de la force létale, disant qu’elle était nécessaire au vu des attaques régulières des voitures israéliennes en Cisjordanie.

« Malheureusement, la liste des Israéliens tués par des pierres jetées sur les routes par les Palestiniens est longue et chaque blessé israélien est la preuve de la nécessité d’adopter des mesures de sécurité », avait alors commenté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon.


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