samedi 19 mai 2018

L’avenir de la Nakba

Par Joseph Massad

Article publié en anglais sur The Electronic Intifada le 13 mai 2018. Joseph Massad est professeur de politique arabe moderne et d'histoire intellectuelle à l'université de Columbia. Son ouvrage le plus récent est ‘Islam in Liberalism’ (University of Chicago Press, 2015).

La conquête sioniste de la Palestine, qui a débuté de façon hasardeuse au début des années 1880 et s’est intensifiée au tournant du siècle pour atteindre son apogée avec l'invasion et l'occupation britanniques du pays avant la fin de la Première Guerre mondiale, fut le moment inaugural de ce qui allait être connu comme la Nakba - la Catastrophe.
Alors que le terme "Nakba" était utilisé par l'intellectuel syrien Constantin Zureik pour décrire ce qui arrivait aux Palestiniens en août 1948 (quand il écrivait et publiait son ouvrage ma'na al-Nakba), d'autres utilisaient des mots comme karitha (désastre), comme le fit l'officier militaire jordanien et gouverneur de Jérusalem-Est, Abdullah al-Tall, dans son livre de 1959 karithat filastin, ou ma'saa (tragédie), comme l'a fait l'intellectuel nationaliste palestinien Muhammad Izzat Darwaza dans son livre de 1959 ma'sat filastin.


Vendredi 16 mars 2018, entrée nord d’al-Bireh (Ramallah) – La résistance des Palestiniens à la Nakba actuelle et future persiste malgré tous les efforts d’Israël pour l’écraser.
"Nakba" est cependant devenu le référent le plus approprié et le plus utilisé pour décrire les difficultés endurées par les Palestiniens. Dans son importante historiographie multi-volumes des événements de 1947-1952, publiée pour la première fois en 1956, Arif al-Arif, journaliste anticolonialiste palestinien et plus tard maire de Jérusalem-Est, tint à utiliser ce terme comme titre.

Al-Arif commence par se demander : « Comment puis-je l'appeler autrement que Nakba ? Car nous avons subi une catastrophe, nous, les Arabes en général, et les Palestiniens en particulier (...) on nous a volé notre patrie et nous avons été expulsés de nos maisons, et nous avons perdu un grand nombre de nos enfants et de nos proches et en plus de tout cela, notre dignité a été touchée au cœur. »

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