mardi 30 janvier 2018

Israël: 7000 euros de prime à des agents pour l'expulsion des demandeurs d'asile

African migrants pour out of the Holot Detention Centre in Israel's
 Negev desert after their release on August 25, 2015
Menahem Kahana (AFP)


Un Office gouvernemental veut recruter 100 agents supplémentaires pour une période de deux ans

Alors que l'annonce de la déportation de migrants africains suscite l'indignation d'une frange de la société israélienne, le journal Haaretz a révélé dimanche que l'Office de la population et de l'immigration a publié une annonce offrant près de 7.000 euros de prime à des agents disposés à servir temporairement pour l'expulsion des demandeurs d'asile.

D'après l'annonce, l'Office a annoncé l'embauche temporaire de 100 agents des douanes et de l'immigration supplémentaires pour une période de deux ans à compter du mois de mars 2018, ainsi que de 40 autres devant servir dans l'unité chargée d'examiner les demandes d'asile.

Le poste impliquerait la tenue d'audiences pour les demandeurs d'asile; de faire passer un entretien et d'enregistrer ceux qui sont prêts à partir volontairement; la coordination et l'émission de documents de voyage; ou encore de surveiller leur retour dans leur pays d'origine ou ailleurs.

Les autres agents seraient impliqués dans l'application des lois contre les demandeurs d'asile et leurs employeurs. Leurs tâches consisteraient à les trouver, répertorier leur historique et enquêter sur les employeurs impliqués.

Les personnes embauchées recevraient une rémunération appropriée sous contrat ainsi qu'une prime pouvant atteindre 30.000 shekels (environ 7.000 euros) - payable à la fin de la période d'emploi, d'après Haaretz.

30.000 shekels de prime à des inspecteurs pour l'expulsion des demandeurs d'asile
Office de la population et de l'immigration - Site internet

L'offre d'emploi pour le poste mentionne également que si elle n'effectue qu'un an au lieu des deux années exigées, la personne recrutée recevra une prime de 20.000 shekels (4.800 euros).

Début janvier, le gouvernement israélien a donné aux migrants un délai de trois mois pour quitter le pays faute de quoi ils seront expulsés ou incarcérés.

Dans une déclaration commune, les ministres de l'Intérieur et de la Sécurité publique avaient indiqué que dans les prochains jours, les migrants - dont la plupart viennent d'Érythrée et du Soudan - seront forcés de choisir entre l'émigration volontaire vers un pays tiers ou la prison.

De nombreuses ONG, des médecins, des rabbins, des pilotes et même des survivants de la Shoah se sont mobilisés depuis une semaine pour tenter de contrecarrer les projets d'expulsion de milliers de migrants africains, notamment vers le Rwanda.

Ces survivants ont demandé vendredi dernier au gouvernement israélien de renoncer au projet qui va contraindre près de 40.000 immigrés en situation irrégulière à quitter le pays volontairement ou à être placés en détention pour une durée indéterminée.

Le texte signé par 36 Israéliens rescapés de la Shoah et publié par le quotidien Haaretz, à la veille de la Journée internationale de commémoration de l'Holocauste.

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