mardi 8 août 2017

Abbas veut continuer à bloquer les paiements à Ghaza

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne

Après les affrontements fratricides de 2007, le Fatah et le Hamas s’engagent dans la guerre de l’électricité.

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a affirmé son intention de continuer à bloquer les versements alloués à la bande de Ghaza, selon l’AFP citant l’agence Wafa. D’où l’ire de son rival islamiste Hamas qui contrôle cette enclave. La corruption de l’Autorité palestinienne et la voie choisie par le Fatah à Oslo, celle de la négociation et de l’abandon de la lutte armée, a échoué. Ce qui a permis au Hamas de gagner les législatives de 2006.

En 2007, il a pris le pouvoir à Ghaza après en avoir chassé le Fatah de Mahmoud Abbas à l’issue de combats fratricides. Les deux mouvements ont fait, en vain, plusieurs tentatives de réconciliation. L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a son siège à Ramallah en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 50 ans et séparé géographiquement de Ghaza par le territoire israélien.

«Nous allons continuer à stopper graduellement les versements alloués à Ghaza jusqu’à ce que le Hamas respecte les termes de la réconciliation», a déclaré samedi le président Abbas. Et d’ajouter : «Depuis avant le coup d’Etat, nous payons un milliard et demi de dollars par an (50% du budget de l’Autorité palestinienne) à Ghaza», allusion aux combats fratricides de 2007. Et «nous ne permettrons pas que cette situation se poursuive. Ou les choses changent comme il faut ou on continuera à déduire ces fonds». Cette mesure a conduit Israël, principal fournisseur d’électricité de l’enclave palestinienne, à réduire ses livraisons.


Colère

En réaction, le Hamas a dénoncé les déclarations «agressives» du président de l’Autorité palestinienne qui «minent les efforts de réconciliation et montrent qu’il travaille avec l’ennemi sioniste pour isoler Ghaza». Mahmoud Abbas a déjà été accusé par le Hamas de vouloir le déstabiliser en réduisant les salaires des fonctionnaires ou le paiement des services. Après le blocage des transferts d’argent à Ghaza, l’Organisation des Nations unies (ONU) a dénoncé une punition collective pour les habitants de l’enclave de Ghaza.

Le Hamas est considéré comme une organisation terroriste aussi bien par les Etats-Unis que par Israël. Créé en décembre 1987, au lendemain du déclenchement de la première Intifadha, il a condamné les accords d’Oslo signés le 13 septembre 1993. Hamas a modifié, le 1er mai dernier, son programme, acceptant notamment un Etat palestinien limité aux frontières de 1967. Dans le document en question, il est relevé que «l’établissement d’un Etat palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale (...) est une formule de consensus national».

Amnay idir

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