vendredi 7 juillet 2017

Hongrie : une campagne anti-Soros jugée « toxique » par la communauté juive

Le leader de Mazsihisz a demandé le retrait « immédiat » d’affiches « qui ne sont pas ouvertement antisémites, mais risquent d’attiser des sentiments incontrôlés, notamment l’antisémitisme »

George Soros sur la scène du Lincoln Center, à New York, le 18 avril 
2017. (Crédit : Andrew Toth/Getty Images for Physicians for Human Rights/AFP)


La principale organisation juive de Hongrie a demandé jeudi au gouvernement de Viktor Orban de renoncer à une nouvelle campagne d’affichage qu’elle juge « toxique » et accuse d’attiser « les sentiments antisémites » en ciblant le milliardaire d’origine juive hongroise George Soros.

Des milliers d’affiches grand format financées par le gouvernement conservateur ont fait leur apparition dans tout le pays il y a une semaine. Un portrait rieur de l’homme d’affaires américain y figure, accompagné du commentaire : « ne laissons pas Soros rire le dernier ».


Le slogan en lettres capitales surmontées du drapeau hongrois fait directement allusion aux accusations récurrentes du pouvoir hongrois selon lequel le financier de 86 ans, dont la fondation finance de nombreuses ONG en Europe centrale et dans les Balkans, chercherait à s’ingérer dans la politique nationale notamment en poussant la Hongrie à accueillir des réfugiés.

« Ces messages toxiques font du mal à l’ensemble de la Hongrie », a dénoncé dans une lettre ouverte à M. Orban, Andras Heisler, le leader de la principale organisation juive de Hongrie, Mazsihisz.

Il a demandé le retrait « immédiat » de ces affiches « qui ne sont pas ouvertement antisémites, mais risquent d’attiser des sentiments incontrôlés, notamment l’antisémitisme », écrit-il encore.

Depuis la mise en place des posters, les médias locaux ont signalé que certains d’entre eux avaient été affublés de graffitis antisémites.

Le gouvernement de Viktor Orban, ouvertement hostile à l’immigration et à l’islam, a fait du milliardaire sa cible depuis plusieurs mois, adoptant plusieurs lois visant des organisations qu’il soutient. Il leur reproche notamment leurs actions en faveur d’une société multiculturelle.

Le directeur de cabinet du Premier ministre avait assuré il y a quelques jours que la campagne n’était pas liée « aux origines ou à l’identité de Soros », rescapé du nazisme, mais était destinée à « attirer l’attention sur le danger représenté par Soros sur la question migratoire ».

Une précédente campagne d’affichage cette année représentait le milliardaire sous la forme d’un marionnettiste tirant les ficelles d’un responsable politique de l’opposition hongroise.

Fin juin, Viktor Orban a suscité une autre controverse avec la communauté juive en faisant l’éloge, pour son action après la Première Guerre mondiale, de Miklos Horthy, dirigeant hongrois allié des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

En réponse à l’ambassadeur d’Israël, le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto a assuré que la Hongrie, où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sera en visite mi-juillet, a « zéro tolérance » pour l’antisémitisme.

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