vendredi 30 juin 2017

Pousser Gaza au suicide

Les bombardements israéliens sur Gaza durant l'été 2014 ont provoqué 
des destructions massives dans les zones d'habitation. Le territoire
 assiégé n'a jamais pu s'en remettre. Photo : ActiveStills


Ramzy Baroud – En 2015, l’ONU avait prévenu que Gaza serait inhabitable d’ici 2020. À ce moment-là, tous les aspects de la vie dans Gaza abondaient dans ce sens, et la situation depuis n’a fait que s’aggraver, écrit Ramzy Baroud.


Mohammed Abed est un chauffeur de taxi de 28 ans du village de Qarara, près de la ville de Khan Younis dans la bande de Gaza. Il est édenté…

Le manque de soins médicaux et le mauvais travail du dentiste lui ont coûté toutes ses dents, qui se sont gâtés et sont tombés à un très jeune âge. Sa situation financière désastreuse l’a empêché de bénéficier de prothèses dentaires. Sa communauté a finalement lancé une souscription, recueillant les quelques centaines de dollars nécessaires pour que Mohammed puisse enfin manger.

Mohammed n’est pas au chômage. Il travaille dix heures, parfois plus, tous les jours. Le vieux taxi qu’il conduit entre Khan Younis et la ville de Gaza appartient à quelqu’un d’autre. Le salaire journalier de Mohammed varie de 20 à 25 shekels, soit environ 6 dollars.

Élever une famille avec quatre enfants avec un revenu si mince rendait impossible à Mohammed de penser à des dépenses apparemment accessoires, comme la réparation de ses dents ou l’acquisition de prothèses dentaires.

Aussi étrange que cela puisse paraître, Mohammed a malgré tout plutôt de la chance.

Le chômage à Gaza est parmi les plus élevés au monde, et il est actuellement estimé à 44%. Ceux qui sont « employés », comme Mohammed, ont toujours du mal à survivre. L’aide humanitaire est vitale pour 80% des Gazaouis.

En 2015, l’ONU avait tiré la sonnette d’alarme, disant que Gaza serait inhabitable à l’horizon 2020. À ce moment-là, tous les aspects de la vie dans Gaza abondaient dans ce sens : le manque d’approvisionnement en électricité, l’eau polluée, la saisie par l’armée israélienne d’une grande partie des terres arables de la bande de Gaza, les fortes restrictions dans la mobilité des pêcheurs, pour ne citer que ces points.

Le siège militaire israélien sur Gaza dure maintenant depuis plus de 10 ans et la situation continue de se détériorer.

Un rapport de la Croix-Rouge en mai dernier a mis en garde contre une autre « crise imminente » dans le secteur de la santé publique, en raison du manque d’électricité.

La crise de l’énergie s’est étendue de l’approvisionnement en électricité jusqu’au gaz utilisé pour la cuisson des aliments.

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